L"ANNEE 2008 EN CULTURE  



CLIQUEZ SUR LES TITRES EN BLEU.

Top ten film 2008
Best film gabonais 2008
Top 3 mise en scène
Best télévision 2008
Best livres 2008
Best show
Best hip Hop
Best concert
Best vidéos
Best restaurants
Best recettes
Best photographie
Best théâtre
Best gospel

AddThis Social Bookmark Button

 

Gabon/Média : Entretien exclusif avec Pheel ex-animateur et producteur d’Africa N°1 «Pour ma part, Africa N°1, restera une expérience extraordinaire ! »
Pour lui, pas de répit ! Pambou Phil de son vrai nom, Sugar Brown, est de ces rares animateurs radio gabonais, ayant fait du chemin après leur entrée dans le monde radiophonique local ! Après un départ surprise de la radio panafricaine dans le milieu des années 2000 alors qu’il s’était installé sur le pic du plus haut sommet du continent africain, le
«Kilimandjaro » (hit-parade Afro caraïbéen présenté pendant plus d’une décennie par Alain Sant Pierre), le présentateur radio et télé (courte carrière sur la chaine privée TV+) a dû quitter le pays pour des raisons de santé dira t’il, dans une précédente interview accordée en début d’année 2008 à votre site. S’en suivra un long silence avant de retrouver l’homme de média dans toutes les grandes organisations culturelles africaines à Paris. Aujourd’hui animateur pour le compte de «Tropiques FM 92.6» de Claudy Siar et co-responsable d’une jeune web radio qui commence à faire de l’effet sur le Net, Pheel se confie à la rédaction de Gaboneco.com


© D.R

- Pheel, pour commencer, Gaboneco.com vous adresse ses voeux les meilleurs pour cette année 2009 ! Et puisque nous avons la chance de vous avoir avec nous, qu'est-ce qui pourrait justement faire que cette nouvelle soit la meilleure pour vous ?

- D'abord tous mes voeux à toute l'équipe dynamique de Gaboneco et bravo pour ce travail exceptionnel que la diaspora gabonaise apprécie chaque jour. Pour que cette année 2009 soit meilleure pour moi, tout simplement l'essor à une plus grande échelle de projets et la continuité de ce qui se fait déjà et une avancée spirituelle !

- Depuis l'entretien que vous nous avez accordé l'an dernier, il s'en est passés des évènements dans votre vie professionnelle : de grandes collaborations avec des artistes gabonais et autres africains et notamment la mise en onde d'une web radio...

- En tant qu'adepte dans l'âme du panafricanisme ; ce mouvement qui cherche à unifier culturellement et politiquement les peuples africains, je n'ai jamais cessé d'apporter ma modeste contribution aux talents africains et gabonais en particulier du côté de l'hexagone, et pour ce qui est de la radio, il s'agit d'une web radio qui se caractérise avant tout par l'utilisation du réseau internet comme système fondamental de diffusion.

- Comme cela s'est fait pour Claudy Siar avec sa station «Tropiques FM 92.6» pour laquelle vous travailleriez et ça, vous allez nous le confirmer, votre web radio à coloration Afro caraïbéènne n'a t'elle pas prit du temps pour trouver sa place dans les habitudes des internautes de la diaspora ?

- Pour information, je travaille principalement sur «Tropiques FM 92.6», radio généraliste à dominante musicale qui s'adresse à tous les originaires d'Outre Mer en Ile de France dont «misié » Claudy est le boss (rire). J'apporte un peu de sauce africaine dans l'univers caribéen. J'ai d'ailleurs eu l'immense honneur de présenter la nuit américaine sur «Tropiques» : l'élèction du 44ème président des Etats-Unis Barack Obama. Par ailleurs «Farafina radio» est un projet indépendant et commun entre l'ivoirien Donald Tia et moi. Pour l'heure, la diffusion à flux sur internet que nous utilisons, s'appelle «Le Streaming». D'ailleurs, d'autres stations radio en onde FM comme Skyrok, Africa N°1 Paris, Europe 1, RMC ou encore NRJ, font la même chose ; la web radio c'est l'avenir car le champ est beaucoup plus large. Nous recevons également des propositions de programmes aux Etats-Unis et partout ailleurs. Bien sûr que ce n'est pas facile de mettre en place un média surtout sur le plan administratif. Nous avançons.

- Comment cette nouvelle station a t'elle été accueillie par le public ?

- Nous nous positionnons comme la première web radio panafricaine avec une ouverture sur les cultures d'ailleurs l'ascension se poursuit ; le nombre d'internautes s'accroit un peu partout sur le continent et en Europe. Pour l'instant, nous sommes plutôt satisfaits par l'accueil. Les artistes, les producteurs et opérateurs culturels de la place de Paris, disposent d'espaces publicitaires pour la promotion des produits et services.

- Travailler pour deux média n’est t’il pas fastidieux avec tout ce que vous avez en plus comme contrats en bonus ?

- Bien sûr que non ! Tout dépend de la nature de ton contrat. Dans mes débuts au Gabon déjà, je bossais sur radio Nostalgie et TV+, mon bref passage à la télé…(rire).

- Alors quels sont vos projets immédiats dans le secteur radiophonique ?

- Je ne saurais les dévoiler ici mais principalement, se battre avec mon équipe pour que Farafina radio soit en FM parisienne l'année prochaine. Pour cela, nous devons faire nos preuves : présenter un dossier solide au conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) en France.

- Et Africa N°1 ?

- J'ai été bien sûr attristé d'apprendre les départs de nombreux collaborateurs…Vous connaissez l'histoire ? Je n'y reviendrais pas mais pour ma part, Africa N°1, restera une expérience extraordinaire. J'espère que la nouvelle équipe dirigeante va redorer le blason de la radio mère de l'Afrique.

- Avez-vous l'intention de faire un tour au Gabon votre pays d'origine dans un proche avenir ?

- (Rire) Votre question me surprend c'est mon pays bien sûr même si les activités sont denses, dans un avenir proche, je serais effectivement à Libreville pour la présentation d'un nouveau magazine Afro édité à Londres par une gabonaise, Ambroisine Ekomié dont je suis le correpondant en France.

- Depuis votre départ, avez-vous maintenu le contact avec vos confrères gabonais restés au pays ?

- Je ne citerai pas des noms mais, le contact est resté permanent avec plusieurs d'entre eux qui sont au parfum de mes activités et avec qui je collabore !

- Lisez-vous souvent Gaboneco.com ? Si oui, qu'est-ce qui vous y amène ?

- C'est le support qui me permet d'être toujours informé de l'actualité sociopolitique et culturelle du Gabon donc, c'est tout naturel et en outre, je voudrai établir un partenariat entre Gaboneco et Farafina radio. Ma responsable Marketing et Communication, rentrera en contact avec votre direction...

- Votre dernier mot, quel sera-t-il ?

- (Douze mots de fin merci) ! Je vous remercie et j'invites les amateurs de cultures africaines à découvrir Farafina, la première web radio panafricaine 100% Afro sur www.farafinaradio.fr mon contact mail philpambou@yahoo.fr tel 00 33 6 18 87 45 48 : Dieu bénisses les gabonais partout dans le monde !



AddThis Social Bookmark Button

Les années écoles  

Diffusée depuis seulement deux semaines sur la première chaîne de télévision nationale gabonaise, la RTG chaine 1, la série gabonaise «Les années école», produite par le Centre National du Cinéma gabonais (CENACI) et la structure Iriscom international ; série réalisée en 2005, suscite déjà un intérêt chaque jour plus grandissant chez les téléspectateurs gabonais. Suivre la vidéo:


AddThis Social Bookmark Button

L'Année 2008 en culture les bons et les mauvais  

D'accord , peut-être 2008 n'était pas l'an de la culture qui occupe le centre de la scène. L'élection d'Obama ayant occupé la place centrale du public. Il y avait tout de même quelques nouvelles d'évènements bien qu'un tout petit peu isoler. Et ce serait dur de pointer un livre ou un film ou un spectacle de télévision ou une exécution qui nous a captivé. L'exception est faites peut être avec Annie Flore Batchiellilys. Mais à travers la plupart des arts, au lieu et place des succès singuliers, c'était un an étonnamment profond et fructueux particulièrement en littérature, avec beaucoup de chose et quelques moments juste, simples, grands et intéressants qui ont défié toute raison, comme les démons de Koumalaya dirigé par Massous ma Mounguengui et Christian Nzigou du théâtre Express et la pièce tant que les femmes auront des couilles dirigé par Michel Ndaot.

Les gens se sont plaints pendant des années que la musique pop a été enfoncée dans une ornière, mais cette année nous avons eu l'artiste Audrey qui nous démontré le contraire. La télévision et la Radio flanquant en l'air des genres traditionnels.

Par contre rien du cote danse et musique classique . Dans les pages suivantes, nos critiques et récapitulation de tous les meilleurs 2008 et la plupart des choses mémorables, de même que brièvement les évènements ratés.

AddThis Social Bookmark Button

Récapulatif 2008  


6 décembre: Pierre Akendengué, Patience Dabany, Oliver N’Goma, Nicole Amogho, icônes de la musique gabonaise ont été nominés, pour les premiers dans la catégorie meilleur artiste ou groupe d’Afrique centrale et pour la dernière dans celle de meilleur artiste ou groupe traditionnel.

12 décembre : Jean-Noël Ngadi, jeune gabonais de 20 ans, a été nominé, avec son œuvre intitulée « Réincarnation », au « Prix du Jeune écrivain francophone » qui cette année était à sa 24ème édition. Plusieurs organisations internationales à vocation culturelle, à l’instar de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) ou Pro Helvetia Fondation Suisse pour la Culture , sont partenaires dudit concours.


11 novembre : Jean-Louis Roy, ancien secrétaire général de l’Agence intergouvernemental de la Francophonie (AIF), président du centre de la Francophonie des Amériques, a animé une conférence au Centre culturel Français de Libreville autour du thème « Quel avenir pour la langue française et la Francophonie? »

12 novembre : l’écrivain gabonais, Jean Divassa Nyama, sacré lauréat du 48ème « Grand prix littéraire d'Afrique Noire » avec son roman « la Vocation de Dignité, » le deuxième ouvrage de la trilogie intitulée « Calebasse, » publié en 1997 aux éditions Ndzé à Libreville. Il remporte ce prix après une autre écrivaine gabonaise, Sandrine Bessora Nang Nguéma qui, elle, l’a reçu en 2007, avec « Cueillez- moi, jolis messieurs, » publié aux éditions Gallimard.

13 au 15 novembre : L’Association des journées culturelles Cheikh Ahmadou Bamba au Gabon a organisé jusqu’au 15 novembre, à Libreville, l’édition 2008 de la manifestation religieuse en l’honneur du fondateur de la branche islamique mouride. Ces journées seront ponctuées par des temps de prière et de recueil, tandis qu’une conférence aura lieu sur le thème « Le Gabon en tant que deuxième pôle du Mouridisme ».

21 novembre au 6 décembre : exposition de photographies de Guy Hersant au Centre Culturel Français de Libreville. Ces photographies de portraits au Gabon, sur lesquelles petits commerçants, ouvriers et artisans prennent la pose devant leur lieu de travail, ont été réalisées lors d’un séjour du photographe effectué à l’initiative du CCF.

21 au 29 novembre : Le Centre Culturel Français Saint Exupéry de Libreville (CCF), abrite le festival « Escales documentaires de Libreville » un événement culturel organisé par le Centre National du Cinéma (CENACI) et le CCF

23 octobre : Pierre Claver Akendengué, le conteur, « poète, parolier et guerrier », présente son 19ème album, « Vérité d’Afrique », à la presse au Centre culturel français (CCF) de Libreville. Cet opus est composé de 14 chansons. Le « PCA » de la musique gabonaise « se fait une promesse de fidélité à la mémoire de son pays et une fidélité à la musique dans un contexte pas toujours facile (...) ».

4 au 5 août : le Festival international de l’humour africain (FIHA) s’est déroulé deux jours durant dans la capitale du Gabon, avec deux grands concerts l’un, VIP au cinéma le Komo et l’autre grand public au gymnase Oloumi, avec pour thème: « partager le rire pour la paix en Afrique ».

L’initiateur du projet, l’humoriste gabonais Omar Defunzu Onguengué avec l'ensemble des humouristes africains présents dont Digbeu Cravate, Siriki et Fati ont exhorté les chefs d’Etats Africains à encourager la paix dans leurs pays respectifs.

7 août : la troupe de danse « No-Fear », en collaboration avec le réseau des Jeunes Volontaires Francophones du Gabon (JVF) ont organisé au cinéma le Komo, la 3ème édition du concert: « Danser la diversité culturelle ».

23 août : La 4ème édition de la « Grande Nuit de la musique », organisée par la Fondation Albertine Amissa Bongo et Iris Com international s’inscrit désormais comme une plate forme musicale internationale, mais également comme une tribune d’expression de la diversité culturelle.

Cet événement culturel a eu la particularité de réunir autour d’une même scène des artistes locaux, entre autres, Patience Dabany, Kaki Disco, Bertrand Epepe, Movaizhaleine, Baponga, ceux d’Afrique, à l’exemple de Fally Ipoupa, Lokua kanza, et ceux du monde à l’exemple des rappeurs Kerry James, Oxmo Pucino, du Guadeloupéen, Jacob Desvarieux, des américains, Fat Joe, reste un moment fort de l’union des peuples et de la présence ou de l’acception de la diversité culturelle.

La star Hip Hop des Etats-Unis d’Amérique, (USA), Fat Joe galvanise le public de la Grande Nuit de la musique à Libreville. L’artiste américain de renommée internationale, a fait vibrer au rythme de ses sonorités « hip hop Underground », le public qui a fait le déplacement du stade annexe de la capitale gabonaise.

24 au 30 août : la troisième édition du festival « Les Nuits atypiques de Mighoma » s’est déroulée à Mighoma, village situé à 5 km du chef lieu de la province de la Nyanga (Sud), avec une ambiance culturelle diversifiée autour de plusieurs activités de sensibilisation et de prévention, animées par de nombreux artistes invités dont l’initiatrice, Annie Flore Batchellylis.

3 au 6 Juillet : Le Festival de musique Gabao Hip Hop prend de la dimension et devient un rendez-vous annuel, incontournable pour les jeunes de Libreville. Cette année encore, il a tenu toutes ses promesses.

23 Juillet : Nicole Amogho présente officiellement son 4ème album de 14 titres intitulé « Côbaka », lors d’une conférence de presse à Libreville.

2 juin : La forêt Cathédrale », un film de Patrick Rouxel, coproduit par Tawak pictures/ WWF, dont le tournage s’est déroulé en 2007. Le film fait état des activités des équipes de l’Agence nationale de la protection de la nature (ANPN), celles du ministère des Eaux et Forêts et du Fonds mondial pour la Nature (WWF) qui oeuvrent au quotidien pour la conservation et la gestion durable du parc national et du massif forestier de Minkebe, dans le nord-est du Gabon.
De façon délicate, il dévoile les différents défis et enjeux de conservation. « La forêt Cathédrale » est un appel à l’altruisme des citoyens du monde et vise un public aussi bien gabonais qu’international.

Minkebe est un massif forestier d’une superficie de 32 000 km2 qui figure parmi les forêts les plus intactes de l’Afrique Centrale. Il contient également la plus grande population d’éléphants du bassin du Congo. Au cœur du massif se situe le parc national de Minkebe, de 7260 km2.

17 juin : L'artiste musicienne gabonaise, Nadège Mbadou a présenté au cours d’une conférence de presse, au Centre culturel français (CCF) de Libreville, son nouvel Album dénommé « Pour vous », produit par Edgar Yonkeu pour le compte de Direct Prod. L'album comporte 12 titres et on y trouve un mélange de rythmes, de la Rumba , du Zouk love, un best of de Techno, en passant par le Coupé décalé, etc. qui donne à ce chef d’œuvre de l’artiste une véritable inter culturalité.

21 juin : Fête de la musique: un hommage au PCA de la musique Gabonaise. Le poète, chanteur Gabonais, plus côté de l'étranger, sans conteste l'une des grandes figures de la musique Africaine, Pierre Claver Akendégué (PCA) galvanise le public du Centre culturel français (CCF), à l’occasion de la fête de la musique.

A ses côtés, des artistes des deux générations (nouvelle et ancienne) tels que: Annie Flore Batchellelys, Tina ou le rap engagé au féminin, Mauvaizhaleine, Nadège Mbadou, la nouvelle étoile du zouk gabonais, Omar Ben Salas le roi de Port-Gentil, sans oublier Nanhet; les anciens quant à eux, étaient représentés par: le Prince Martin Rompavet, Hilarion Nguema, Damas Ozimo.

27 Juin : le jeune chanteur interprète en herbe d’origine camerounaise, Sidney, a été élu à l’unanimité vainqueur de l’«Africa Star », première saison, par les membres du jury ainsi que par le public, la cité de la Démocratie de Libreville, lors de la grande finale de cette émission africaine de télé réalité.

Initié par Claudy Siar, l’émission de téléréalité « Africa Star » a été une réussite dans l’ensemble, partant pour ces artistes en herbe provenant de plus de 8 pays sur le continent africain ainsi que pour les artistes de renommée internationale tels que : Tiken Jah Fakolly, Annie Flore Batchiélelys Koffi Olomidé, Césaria Evora, Ismaël Lo, Singuila, Kassav.

9 au 12 mai : Fête des cultures: une grande parade artistique offerte au public. Initiée par Paul Mba Abessole, à la tête du ministère de la culture, il y a quelques années, dans le but d'exprimer et de mettre en valeur les talents littéraires, scientifiques et artistiques, la fête des cultures poursuit son bonhomme de chemin à l’occasion de la célébration de la 9ème édition au stade omnisport président Bongo; ainsi le public Librevillois a assisté dans la continuité, à une grande parade artistique, au cours de laquelle une variété de rites, de rythmes et de cultures a été mise en exergue, à en juger par les démonstrations exécutées par les différents groupes traditionnels.

7 mars : l’économiste français Jacques Attali anime une conférenc-débat animée au Centre culturel français (CCF) de Libreville autour de son livre « Une brève histoire de l’avenir », paru aux Editions Fayard en 2006. La conférence-débat avait été organisée par des anciens élèves de l’Ecole nationale d’administration (ENA) de Paris et de Sciences Po. « Conseiller spécial », Jacques Attali est nommé par François Mitterrand dès 1981 à peine élu président de la République Française.

18 Mars : Paul Mba Abessole, initiateur au Gabon, de la Fête des cultures, installe à nouveau, le Bureau national qui matérialisera la célébration de cette cérémonie culturelle de grande envergure. A la tête de cette de cette institution qui se devra de veiller à l’organisation de la 9ème édition, se trouve Alain Claude Bilie Bi Nzé. Dans l’équipe, on retrouvera entre autres, le précédent ministre de la Culture Blandine Maroundou.

30 janvier : l’icône de la musique gabonaise, Annie Flore Batchiéllilys, qui puise son inspiration dans les rites et coutumes Punu, du village Mighoma (Sud du Gabon), pour créer une musique teintée de Blues et de Jazz, ouverte au monde, a présenté, à l’ensemble de la presse nationale, internationale et à tous les mélomanes de la musique gabonaise, présente au Centre culturel français de Libreville, son dernier album intitulé « Mon chant c’est mon champ ».

21 janvier : Après le succès de la 2ème édition du Festival « Les Nuits atypiques de Mighoma » Annie Flore Batchiellilys a investi le la scène de l’Olympia, couronnant, ses dix-neuf années de carrière, de la chanteuse gabonaise, et lui permettra de faire découvrir son répertoire, riche de quatre albums: Afrique mon toit (1997), Diboty (2002), Je t’invite (2005) et, Broute bien (2006).

20 janvier : une enquête menée dans les restaurants Africains de la capitale Gabonaise, par un journaliste de GABONEWS, nous révèlent le top de recettes adulées par les touristes de passage au Gabon : Poulet au Nyembwé ; le grand Abam'e-Kono avec son matadi (Poisson salé aux légumes ; Queue de bœufs à la Sauce béchamel selon Escoffier ; Iporo à l'ancienne (Feuilles de manioc aux poissons et crevettes); Mechoui préparé façon gabonaise sur son lit de légumes ; Gateaux de courges (Pains de concombres); Gigots de sanglier avec côtelettes ; Sanglier à l'odika ; Huitres aux Gratins de la basse Banio ; N'koumou des grands plateaux aux crevettes ; Beurres d'atangas ; Poisson fumé à l'ancienne.

12 au 15 janvier : le gabonais, Guy Roger Mouanda se fait doublement primé en France à l’occasion du concours international de sculpture sur glace de Valloire. Féru des grands évènements culturels et artistiques du genre au Gabon, il n’en est pas à son premier prix sur le plan local puisqu’il a été primé il y a quelques années par la BICIG, a sa sculpture qui trône en face de la poste Centrale de Libreville et, s’est également illustré dans le célèbre hôpital Albert Schweitzer de Lambaréné où il est établit.

5 Janvier : le chef de l’Etat Omar Bongo Ondimba déclare qu’il envisage enrichir son projet de « culture vivante » d’une médiathèque qui devrait ouvrir fin 2008 et d’un service de vente de DVD et de distribution à l’attention des écoles gabonaises. Il entend aussi faire sortir les œuvres de leur monde virtuel en organisant des expositions itinérantes et en développant d’ici 2010 un vaste programme culturel et éco-touristique.

2 janvier : le musée virtuel Gabonart, un voyage virtuel dans les arts et traditions gabonaises, propose aux internautes un voyage dans la 3ème dimension. Pour cette année on compte déjà, 200 000 personnes qui se sont déjà laissées tenter par ce parcours initiatique au cœur des arts et traditions du Gabon. Dans le cadre exceptionnel de la forêt équatoriale, le musée s’offre aux visiteurs dans toute la splendeur de sa modernité. On entre dans l’univers des effets spéciaux pour découvrir l’histoire et les traditions des peuples gabonais à travers 250 œuvres, films, extraits musicaux… Interactif, instructif et enchanteur !



AddThis Social Bookmark Button

Guy Rossatanga  


Guy Rossatanga Rignault a été choisi par gaboncultura comme l'homme de l'année 1998, car l'homme a une remarquable capacité d'analyse, puissant esprit de synthèse, brillant présentateur.

"Intelligent, voire génial, c’est l’expression qui revient sans arrêt dans les commentaires". « D' une intelligence supérieure », qui s'est d'ailleurs démontrée pendant qu'il présidait l'institution universitaire.

Titulaire d'un Certificate on Mediation Arbitration issues (Washington, 1995), Diplôme d'études approfondies en science politique, le diplôme d'études approfondies en droit international public et organisations internationales et le doctorat en science politique de l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. il est aussi diplômé de l'Académie internationale de droit constitutionnel (Tunis).

Enseignant-chercheur invité dans divers établissements étrangers, il est aussi consultant pour divers organismes publics et privés gabonais et internationaux.

Le Professeur Rossatanga-Rignault est aussi le Président de la Fondation Raponda-Walker pour la Science et la Culture. Il est auteur de plusieurs publications.
Articles

* « Penser une post-modernité africaine : un discours », Afrique 2000-Paris, Revue africaine de politique internationale n° 11, 1992, p. 74-86.
* « L'insoutenable condition du clerc gabonais », Paris, Politique africaine n° 51, 1993, p. 48-60.
* « Faut-il avoir peur des Fang ? De la démocratisation et de l'ethnisme au Gabon », Paris, Droit et Cultures n° 26, 1993, p. 235-256.
* « Gabon. Radioscopie du théâtre électoral », L'Afrique politique, 1997, Bordeaux, CEAN-KARTHALA, p. 271-293.
* « Vieilles lunes et nouveaux empires. Un regard africain sur la France et les États-Unis », Limes, Paris, Revue française de Géopolitique n° 3, 1997, p. 67-80.
* « La Cour Constitutionnelle gabonaise. Pierre d'angle de l'État de droit au Gabon ? », Bruxelles, Revue Belge de Droit International et Comparé, n° 4, 1998, p. 272-303.
* « La modernisation de l’État au Gabon : petite chronique d’une ambition affichée », L’Afrique politique, 2001, Bordeaux, CEAN-KARTHALA, p. 65-84.
* « Au titre des mesures individuelles…. Petit catéchisme des liturgies politiques gabonaises », Le Gabon malgré lui, Revue Rupture, Paris, Karthala, janvier 2006.

Ouvrages choisis:

* L’État au Gabon. Histoire et Institutions, Libreville, éditions Raponda-Walker, 2000.
* Le droit des transports au Gabon, Libreville, éditions Raponda-Walker, 2005.
* L’Afrique existe-elle ? A propos d’un malentendu persistant sur l’identité, Paris, Dianoïa ; Libreville, éditions Raponda-Walker, 2006.
* Introduction à la sociologie politique, Libreville, éditions Raponda-Walker, 2007.
* Le travail du Blanc ne finit jamais. L’Africain, le temps et le travail moderne, Paris, Dianoïa ; Libreville, Éditions Raponda-Walker, 2007.
* Méthodologie de l’épreuve de droit, Libreville, éditions Raponda-Walker, 2008.


AddThis Social Bookmark Button

Analyse du discours  


Nous allons nous livrer à une analyse rigoureuse du discours à la nation d'OBO. Mais peut on le faire sans risqué d'être jugé d' anti-Bongo ou de pros-Bongo, nous dépasserons tous ses jugements de tranchés en usant notre sens d' objectivité. Nous commencerons par une simple étude syntaxique puis sémantique de son discours tout en simplifiant et symbolisant les relations existants entre les signes des textes.

Il s'agit d'un discours argumentatif sur des idées et avec des mots qui font appel au dialogue, au travail et à la responsabilité personnelle. Il ressort premièrement dans ce discours un recours important par l'orateur des qualificatifs liés à la volonté. Le verbe vouloir est cité sept fois, " j'ai voulu refondateur""j'ai voulu que l'année""je voudrais dire a tous""je le veux""je le voudrais".

L'introduction de son adresse a été un rappel sur ses dispositions prises en 2008 par la mise en place d'une feuille de route, mais malheureusement qui n'a pas abouti.

Puis le contenue est construit sur des idées consensuelles et fédératrices dans lesquelles chaque gabonais peut s'identifier: "Mes très chers Compatriotes","je lançais un appel à chaque Gabonais, femme, homme, jeune, moins jeune, à changer de mentalité...."Le combat pour le Gabon est le combat de toutes ses forces vives, de tous ses enfants, sans référence communautaire, sociale, religieuse ou d'appartenance politique". "la sagesse de nos Aïeux nous apprend « qu'un seul doigt ne pas laver le visage » et nos armoiries proclament que « Dans l'unité nous progresserons » "Le combat du Gabon est le combat de toutes ses forces vives..

En effet tout son discours peut se grouper dans les thèmes principaux qui sont:

  • Politique et société,
  • Comportement, et sentiments
  • Éducation
  • Crises et ouverture
"C'est pour tenir compte de tous ces impératifs et défis à relever et à intégrer que je demande au Premier Ministre de me faire des propositions dans un esprit d'ouverture pour une nation soudée et solidaire".

La thèse que Bongo accrédite dans ce fragment de texte est:
le Gabon pour se développer a besoin de tous ses fils. C'est pourquoi il faut un nouveau gouvernement de large ouverture.

Mais son discours peut se ranger dans une simple équation qui donnerait
D pour le désir changement - A pour la force d'agir- P pour l'action politique. S pour la notion de changement- G pour la république Gabonaise, H pour Histoire

L'équation donne :
(x) Dx---->Ax
(Px----> Dx) et (Px------> x) (Px-------> Gx)
(x)(sx)[Gx--->Hx)(Gx=Hx)]

Les deux propositions majeures sont:
  • Conseil national du Dialogue social
  • Gouvernent d'ouverture de large ouverture.
Quel sens peut on donner a ses deux propositions? Il s'agit de mêler tout le monde à la gestion afin qu'il n y ait plus un seul camp qui soit désigné coupable.

Créer une structure qui feront des acteurs sociaux des super ministres dans le but d'éliminer la contestation sociale comme quoi "la bouche qui mange ne crie plus".

Bien que le discours de Bongo n'est pas un discours bien défini, ses relations nous aident a faire quelques observations:

Sur le plan du texte
, la première caractéristique de son discours montre que les lexemes établissent des relations plutôt à l'intérieur du discours qu'a son extérieur comme si Bongo s'adressait à lui même. De plus quoique les phrases sont liées par des connecteurs, les mots se trouvent dans un isolement phrastique et n'arrivent pas à passer au niveau transphrastique.

L'autre caractéristique est la présence importante du pronom "je" et de l'adjectif possessif "me" qui traduit ici une prise en charge du discours par l'orateur.

Le discours de Bongo fait appel a nos ressorts émotionnels afin de mieux nous convaincre, comme quand il utilise l'adjectif possessif "nos" dans la phrase: "hypothéquant sérieusement l'année scolaire de "nos" enfants".

En gros nous considérons Bongo comme un grand stratège politique, quoi que sa stratégie de rejeter tout son gouvernement n'est plus convaincante. Le discours de Bongo par rapport au contexte est bien cadré, il vise à désamorcer la fronde sociale en prônant l'esprit d'ouverture.





AddThis Social Bookmark Button

VIDEOS  

Pygmées Baka-Miel



Pygmées Baka-introduction du film Baka.mov
















Oil rich Gabon - BBC

by: BBC
16 mai, 2008

View video >

<

by: LBV SHOW
November 5th, 2008

View video >


by: SEINVIJID
November 4th, 2008

View video >

by: Griotube
October 16th, 2008

View video >


October 16th, 2008


View video >

by: CURTIS07K
13 JANVIER, 2007

View video >


by: BRICE KARL
November 5th, 2008

View video >


AddThis Social Bookmark Button

Mamboundou versus Myboto: deux styles de leadership  

Monsieur Myboto au travers de sa carrière politique a montré son habileté à se servir des autres pour avancer sa carrière et ses causes. Comme le grand camarade il sait viser de la hanche .


Myboto manifeste apparemment le caractère d'un reconverti, d'un repentant. Si Myboto représente le candidat le mieux préparé pour assurer une transition en douceur, le plus expérimenté dans la gestion des affaires, puisqu'ayant une longue carrierre politique (il connait système Bongo mieux que quiconque sur la terre)il n'en demeure pas moins que c'est un old fashioned politicien.

Tandis que Mamboundou est un visionnaire, il voit grand, son panorama est large. Son leadership est plus actif et déterminée que Myboto. Il a le potentiel d'amener des changements rapides. Cependant le style de beau parleur n'est pas une garantie de compétence et d'expérience mais toute fois la vison de Mamboundou cadre bien avec les besoins du pays.

Si Myboto venait au pouvoir les gabonaise ne doivent pas s'attendre à des changements rapides, son leadership est un , plutôt posé, orienté sur l'écoute, il privilégie la réflexion avant l'action.

Tandis que si Mamboundou venait au pouvoir les choses pourront changés au bout de ses deux premières années d'exercices, il voudra rapidement décider et prendre les choses en main.

Pour conclure le Gabon a besoin pour Président quelqu'un d'intelligent, rassembleur, rigoureux, ayant un instinct diplomatique, une curiosité intellectuelle, déterminé et consistant.

Qui selon vous sera le meilleur president pour le Gabon?

AddThis Social Bookmark Button

Une avare magnificence  

« Les bienséances, les modes, les usages qui dérivent du luxe et du bon air, renferment le cours de la vie dans la plus maussade uniformité. Le plaisir qu'on veut avoir aux yeux des autres est perdu pour tout le monde: on ne l'a ni pour eux ni pour soi. Le ridicule, que l'opinion redoute sur toute chose, est toujours à côté d'elle pour la tyranniser et pour la punir. On n'est jamais ridicule que par des formes déterminées: celui qui sait varier ses situations et ses plaisirs efface aujourd'hui l'impression d'hier: il est comme nul dans l'esprit des hommes; mais il jouit, car il est tout entier à chaque heure et à chaque chose. Ma seule forme constante serait celle-là; dans chaque situation je ne m'occuperais d'aucune autre, et je prendrais chaque jour en lui-même, comme indépendant de la veille et du lendemain. Comme je serais peuple avec le peuple, je serais campagnard aux champs; et quand je parlerais d'agriculture, le paysan ne se moquerait pas de moi. Je n'irais pas me bâtir une ville en campagne, et mettre au fond d'une province les Tuileries devant mon appartement. Sur le penchant de quelque agréable colline bien ombragée, j'aurais une petite maison rustique, une maison blanche avec des contrevents verts; et quoique une couverture de chaume soit en toute saison la meilleure, je préférerais magnifiquement, non la triste ardoise, mais la tuile, parce qu'elle a l'air plus propre et plus gai que le chaume, qu'on ne couvre pas autrement les maisons dans mon pays, et que cela me rappellerait un peu l'heureux temps de ma jeunesse. J'aurais pour cour une basse-cour, et pour écurie une étable avec des vaches, pour avoir du laitage que j'aime beaucoup. J'aurais un potager pour jardin, et pour parc un joli verger semblable à celui dont il sera parlé ci-après. Les fruits, à la discrétion des promeneurs, ne seraient ni comptés ni cueillis par mon jardinier; et mon avare magnificence n'étalerait point aux yeux des espaliers superbes auxquels à peine on osât toucher. Or, cette petite prodigalité serait peu coûteuse, parce que j'aurais choisi mon asile dans quelque province éloignée où l'on voit peu d'argent et beaucoup de denrées, et où règnent l'abondance et la pauvreté. »

J.-J. Rousseau, Emile ou de l’Education, fin du livre 4


François Rastier : Votre thèse sur l'interprétation de l'oxymore chez Rousseau détaille l'expression avare magnificence, dans le célèbre programme de vie tiré de l'Emile. On y trouve le verger idéal qui donne au promeneur, avec une avare magnificence, les fruits qu'il prend selon ses besoins heureusement modérés.
On pourrait éclairer ce passage par la lettre XI de la quatrième partie de La nouvelle Héloïse, dont sort le texte prélevé dans l'Emile et d'abord rédigé sur l'exemplaire personnel de Rousseau. On y trouve un compendium des oppositions entre le jardin (artificieux) et le verger, un hortus conclusus qui aura une longue postérité - par exemple le Paradou évidemment paradisiaque dans La faute de l'abbé Mouret [Zola].
Il faut sans doute distinguer du verger édénique le jardin évangélique : dans La nouvelle Héloïse le jardinier Gustin, au nom fort augustinien, consacre au jardin le nombre évangélique de douze journées par an. Ce jardin a "été planté des mains mêmes de la vertu" (p. 364), et il fait antithèse au bosquet fatal qui s’étend de l’autre côté de la maison et sur lequel plane le souvenir de la Faute - bosquet évoqué dans la lettre suivante (p. 367).

Michel Schmouchkovitch : Je ne suis pas tout à fait d’accord avec vous quant à l'analogie que vous faites entre le passage en cause extrait de l'Emile et la lettre XI de la quatrième partie de La Nouvelle Héloïse. Voici mon point de vue à ce sujet. Un point de vue global : l'appréciation de Rousseau sur cet Elisée ; un point de vue plus local : les oppositions isotopiques entre les deux textes.
1) On peut repérer deux parties dans cette lettre XI. La redécouverte du verger et les souvenirs ou la collection des divers types de jardin à cette époque.
À mon sens la seconde partie éclaire la première. La bascule entre l'Elisée et la falsification de la nature est indiquée par au moins deux remarques :
"A ces mots il me vint une imagination..." (II, 480), et "...c'est d'être un amusement superflu" (II, 485).

« À ces mots, il me vint une imagination qui les fit rire. "Je me figure, leur dis-je, un homme riche de Paris ou de Londres, maître de cette maison, et amenant avec lui un architecte chèrement payé pour gâter la nature. Avec quel dédain il entrerait dans ce lieu simple et mesquin! Avec quel mépris il ferait arracher toutes ces guenilles! Les beaux alignements qu'il prendrait! Les belles allées qu'il ferait percer! Les belles pattes-d'oie, les beaux arbres en parasol, en éventail! Les beaux treillages bien sculptés! Les belles charmilles bien dessinées, bien équarries, bien contournées! Les beaux boulingrins de fin gazon d'Angleterre, ronds, carrés, échancrés, ovales! Les beaux ifs taillés en dragons, en pagodes, en marmousets, en toutes sortes de monstres! Les beaux vases de bronze, les beaux fruits de pierre dont il ornera son jardin!... »


La réprimande que reçoit Saint-Preux fait basculer sa critique sur une autre scène : celle de l'amour.

« Je (M. de Wolmar) n'ai qu'un seul reproche à faire à votre Elysée, ajoutai-je en regardant Julie, mais qui vous paraîtra grave; c'est d'être un amusement superflu. A quoi bon vous faire une nouvelle promenade, ayant de l'autre côté de la maison des bosquets si charmants et si négligés? - Il est vrai, dit-elle un peu embarrassée; mais j'aime mieux ceci. - Si vous aviez bien songé à votre question avant que de la faire, interrompit M. de Wolmar, elle serait plus qu'indiscrète. Jamais ma femme depuis son mariage n'a mis les pieds dans les bosquets dont vous parlez. J'en sais la raison quoiqu'elle me l'ait toujours tue. Vous qui ne l'ignorez pas, apprenez à respecter les lieux où vous êtes; ils sont plantés par les mains de la vertu. »

Julie ne s'autorise comme promenade que ce verger clos, dont le mari est un des seuls à avoir la clef (même sans le bon Dr. Freud, on pense aux grivoiseries de Voltaire dans ses lettres sur La nouvelle Héloïse), et ce lieu me semble être le reflet de la facticité du bonheur conjugal de Julie. Le mot facticitéest sans doute un peu fort car la sincérité de Julie n'est pas en cause - quoique les auteurs américains, mais non pas les français, parlent de la duplicité de Julie.
2) S'il est vrai que la 'négligence' ("il ne vous en a coûté que de la négligence", II, 472) a quelque chose à voir avec l'avare magnificence, plusieurs traits significatifs m'apparaissent en opposition. Le fait que le jardin soit fermé à clef, que les arbres soient greffés, et horreur, par d'autres espèces, qu'un système compliqué amène l'eau (cela lui rappelle sans aucun doute le souvenir de l'aqueduc détruit), bref que l'art imite la nature comme dans les jardins florentins ou de Tivoli.
Par ailleurs je suis d'accord avec votre analyse.

François Rastier : N'oublions pas que rien n'y paraît, que ce ruisseau serpente comme naturellement, que les allées sont des chemins, non des perspectives, que les oiseaux ne sont point en volière, mais pullulent attirés par des plantes friandes semées ça et là, c'est j'en conviens un paradis non sans facticité mais c'est celui de l'art - plutôt que du mariage - et en est-il un autre ?
Quoi qu'il en soit, je me demande en quoi l'emploi de l'oxymore est-il caractéristique de Rousseau et quelle est sa fonction dans son oeuvre. Elle se trouve peut-être dans sa théorie de la nature : l'origine était conçue comme indistinction in nuce, et l'oxymore redit cette unité perdue des contraires.
Ou encore, dans une lecture dissimilatrice, il permet de renvoyer des apparences, pour la civilisation corrompue (cf. avare), à la vérité d'une âme pure (cf. magnificence). Ainsi l'avare magnificence comme l'éloquence muette sont-elles deux témoignages concordants, l'un sémiotique, l'autre économique, de la modération qui régnait à l'état de nature.

Michel Schmouchkovitch : Je reviens à l'interprétation de l'oxymore "avare magnificence". Vous en proposez une lecture dissimilatrice qui indexe "avare" du côté de l'apparence et "magnificence" du côté de la vérité intime, de l'adéquation de l'être à la généreuse économie de la nature. Cette lecture m'a tout d'abord déstabilisé. Cependant elle me permet de mettre en évidence une différence d'approche interprétative que j'aimerais discuter avec vous.
Je trouve deux raisons à votre lecture :
1) Le global déterminant le local, le thème inhérent à la pensée sociale de Rousseau de la disparité de l'être et du paraître (qui à mon sens se continue dans son délire de persécution que je préfère voir comme un délire d'authenticité) justifie cette application dissimilatrice à l'oxymore.
2) Le texte procède par opposition binaire entre le luxe et le simple (le rustique). Le terme "avare" gardant alors son sens usuel : celui d'un riche (un Rousseau fictivement riche) qui ne se fait bâtir qu'une si modeste maison.
Je rappelle de façon succincte mon interprétation : Rousseau qui épouse un moment le rôle d'un propriétaire qu'il n'a par ailleurs jamais été, devient alors aussi prodigue que peut l'être la généreuse nature ; est-il devenu le Dieu d'un paradis où le promeneur ne serait autre qu'Adam [un Adam auquel aucun fruit ne serait défendu (nouvel effacement du péché originel)]... lecture intertextuelle ou à nouveau détermination du local par le global ?). Mais son avarice est alors celle :
a) de l'état de nature où les êtres sont séparés les uns des autres, sans aucune relation entre eux, donc sans échange aucun ou
b) de celui qui aurait voulu vider l'échange, le don, de l'aliénation respective (dette/obligation) des contractants.
Si les mots ont un poids, on arrive là au juste équilibre entre avarice et magnificence, à l'économie, à la bonne mesure. Il me semble que mon interprétation économique est plus "inhérente" au texte, à sa thématique, que celle que vous me proposez, que je qualifierais d'"afférente". Qu'en pensez-vous ?
C'est effectivement encore ici la détermination du local par le global, celui de sa sensitivité à tout rapport social (qu'il soit affectif ou économique). Mais je ne vois pas là de décalage dissimilateur entre deux registres : "avare" et "magnificence" appartiennent tous deux au même univers, celui de l'univers non aliéné (naturel dont la simplicité rustique peut donner quelque idée) de Rousseau. Il me semble donc que la dissimilation n'a pas le dernier mot et c'est donc sur cette question de la légitimité des interprétations que j'aimerais avoir votre commentaire. L'autre interrogation que je me pose concerne les limites de l'interprétation. Certes, mon interprétation semble cohérente avec la pensée de Rousseau (c'est-à-dire avec le corpus exégétique des lectures de Rousseau, sans d'ailleurs négliger leurs divergences) mais y a-t-il un moment où l'interprétation devient une réécriture ? Où s'arrête la bonne foi dans la "fidélité créatrice" ? Quelle est la différence entre le commentaire et l'interprétation ? Vous êtes surpris que ma conclusion porte sur Rousseau mais c'est vrai que j'ai ce souci de revenir en dernier lieu au texte car j'ai la conviction encore maladroite que le texte porte en lui-même ses propres contraintes interprétatives et que l'essai de détermination de celles-ci a à voir avec une éventuelle légitimation de l'interprétation, une fidélité à l'auteur.

François Rastier : Vous avez raison (si je ne me trompe) : les deux termes avare et magnificence, qui sont péjoratifs dans l'état de civilisation, du moins selon Rousseau qui voit dans la magnificence un excès, se neutralisent l'un l'autre, ou du moins se proportionnent à une juste mesure dans l'état de nature, par un parcours que vous dites à bon droit endoxal.
J'aurais fait une lecture de l'oxymore comme un paradoxe qui indexerait un terme dans un univers ou une époque, et l'autre dans un(e) autre. Chez Chamfort (mais j'ai peut être trop travaillé sur lui) il en serait ainsi, comme vous vous doutez bien.
Magnificence est normalement mélioratif dans la doxa de l'époque, et chez Rousseau il peut devenir péjoratif : mais dans cet emploi il reste mélioratif, en changeant d'acception et en contredisant son étymologie, bref en devenant une "offrande" frugale.
Par contraste, avare, normalement péjoratif devient mélioratif dans ce contexte. On doit remarquer cependant que le statut d'avare prête à discussion : on trouve dans la première édition du dictionnaire de l'Académie française des emplois mélioratifs d'avare (par exemple : "une femme avare de ses charmes").
On peut soutenir que si l'oxymore unit des termes en relation de contradiction sémantique (comme par exemple tonnerre muet chez Mallarmé), il s'ajoute ici une inversion évaluative par rapport au sens le plus commun à l'époque, puisqu’avare est ici mélioratif. Mais comme l'acception méliorative est parfois attestée, notamment dans des contextes moralisants, on pourrait en outre lire ici une syllepse sur avare : dans l'univers social avare est généralement péjoratif, dans celui de Rousseau, c'est l'autre acception qui prévaut.
Je retiendrai pour ma part que la caractérisation d'une forme sémantique comme oxymore, paradoxe ou syllepse, en admettant que ces tropes négligés ne puissent se combiner, dépend non seulement des normes sémantiques propres à l’œuvre de Rousseau, mais aussi des parcours interprétatifs que l'on y trace, selon que l'on formule ou non sur l’œuvre une hypothèse d'isonomie.

AddThis Social Bookmark Button

Top recettes gabonaises  

Poulet au Nyembwé
Le grand Abam'e-Kono avec son matadi
(Poisson salé aux légumes)
Queue de bœufs à la Sauce béchamel selon Escoffier
Iporo à l'ancienne
(Feuilles de manioc aux poissons et crevettes)
Mechoui préparé façon gabonaise sur son lit de légumes
Bouillon de crabes noyés dans son moyo
Gateaux de courges
(Pains de concombres)
Gambas au feu de bois
Gigots de sanglier avec côtelettes
Sanglier à l'odika
Huitres aux Gratins de la basse Banio
N'koumou des grands plateaux aux crevettes
Beurres d'atangas
Poisson fumé
à l'ancienne
Le consommé sauce blanche mpongwe claudine

Mechoui préparé façon gabonaise sur son lit de légumes

Poulet au Nyembwé

Feuilles de manioc au poisson et crevettes







Poisson salé aux légumes

Bouillon de crabes

banane bouillie

Beignets


Sauté de bœufs bœuf au ndok (odika)
Sauté de mouton au gombos
Langouste à la sauce safrane
Queue de bœuf à l'arachide
Papillote de silure a l'oseille
Gambas au feu de bois
Crabes farcis
Gâteau courges
Sanglier à l'odika
Porc et pic court bouillon
Pangolin à la sauce tomate légère
Silure Gombos à l'étouffé
gigots de sanglier avec côtelettes
Toucan dans son Odika
Huitres aux Gratins de la basse Banio
Nkoumou aux crevettes

Accompagnements
Beignets
Manioc obamba
riz
Boulettes de taros, bannane, ignames
Cassada
Malobi

AddThis Social Bookmark Button

UNE ETUDE: les Demoiselles d’Avignon  


Avec les Demoiselles d’Avignon Picasso n’annonce pas seulement le Cubisme; il change le cours de l’art occidental et, en même temps que les découvertes de la science moderne ; bouleverse notre manière de voir et concevoir le monde, parce qu’une telle peinture ne relève plus de l’imitation, de la représentation plus ou moins transposée de la réalité, mais de sa figuration conceptuelle, de sa reconstruction à partir d’un nouveau langage plastique, d’une nouvelle syntaxe visuelle en train de naître.
Pierre Daix écrivit : « Picasso n’était pas le premier à avoir songé à renouveler la peinture en s’appuyant sur les arts primitifs. Il est le premier à avoir posé ce problème en termes de technique et d’esthétique et non plus de morale ». Ce qu’il reconnaît pour sien dans les œuvres des civilisations du passé et qu’il s’approprie en l’intégrant à son projet, répond toujours aux questions qu’il formule et qui précèdent son temps. Picasso réinvente, à partir de sa pratique créatrice, des solutions dont on ne savait plus déchiffrer la modernité.
Les premières esquisses des Demoiselles d’Avignon, apparaissent à la suite des Deux femmes nues de 1906, et des études qui les accompagnent. Dès les premiers essais, se superpose à ce caractère ibérique des personnages de l’influence de Cézanne. Cézanne eut l’idée révolutionnaire de séparer les éléments d’un tableau par des intervalles de lignes de couleurs en remplissant les espaces vides entre les objets par la couleur et cela a pour effet de limiter les profondeurs. Les Demoiselles est un exemple de cette technique. On observe Élève de Medicine, marin et cinq Nues dans un Bordel (Etude pour Les Demoiselles d Avignon) 1907; 47.7x63.5cm crayon et pastel sur papierla touche du couteau de Cézanne pour les visages des femmes surtout le masque de la femme le haut du coin droit. D’autre part, les œuvres de Cézanne Le Bain d’Amour (1880) et Les Grandes Baigneuses (1906), sont des exemples comment il exprime son obsession sexuelle féroce. Les Grandes Baigneuses a influencé un grand nombre d’œuvres d’art, et en plus considérée comme l’antécédent des Demoiselles d’Avignon. Une autre caractéristique de Cézanne : le contour séparant des figures. Cézanne n’a jamais essayé de reproduire la vérité, mais en donner des expressions. Picasso a fait de même avec ses prostituées du bordel, représentant des femmes mélangeant la peur et le plaisir, sans aucun souci de la réalité, ou des moyens réalistes pour représenter le corps humain. La manière de peindre le corps de ces prostituées admet un sens important plutôt qu’une importance classique des représentations. On peut remarquer l’influence de l’art préchrétien ibérique et l’art africain sur l’œuvre de Picasso. En regardant de plus prés les visages des femmes dans la partie droite de l’œuvre on remarque la ressemblance avec les masques Mbuya des Pende de Zaïre, exposés au Musée royale de l’Afrique centrale. Les visages féminins supportent cette stylisation primitive, dévorés par ces grands yeux, surmontés par de parfaits sourÉtude pour Les Demoiselles d Avignon 1907 96x33cm aquarelle sur papiercils prolongés par des nez énormes, ce style fut le choque pour les cercles traditionnels.
Picasso se souvient de sa découverte de la collection ethnographique au Musée de Trocadéro pendant l’été de 1907 en disant : « Les masques n’était pas pareilles à n’importe quelle sculpture. Jamais. Elles sont des objets magiques, des médiateurs face à l’inconnu, menaçant les esprits. Elles sont des armes … Elles sont des outils. Si on leur donne une forme, on devient indépendant … Je comprend pourquoi je suis peintre. Seules dans cet affreux musée, avec des masques et des jouets produits par des peau-rouge, des lilliputiens poussiéreux. Les Demoiselles d’Avignon devraient me venir ce jour, mais pas toutes d’après les formes, parce que c’était ma première peinture d’exorcisme – oui absolument ! »
On cite les paroles de William Rubin : « … La scène montée dans ce salon ou “vitrine” de cet imaginaire bordel – variations que nomme un connaisseur du sujet “le scénario d’accueil” – constitue un genre de laboratoire dans lequel Picasso essaie de découvrir la nature profonde de son désir en sondant les mystères que Freud nomme la force de la vie, la source primal de procréation, où la sexualité et la créativité artistique ne se différentie plus… » Picasso travailla une quinzaine d’études pour les Demoiselles. Ainsi, Tête de femme (Étude pour Les Demoiselles d Avignon) 1907 96x33cm huile sur canvas en regardant les études du début elle contiennent deux hommes ; un élève de médecines montrant parait-il un crâne au dames, et un marin. Encore deux femmes étaient présentes, qui furent ultérieurement enlevées de la composition par Picasso. L’artiste ajoute à cela : « … Les femmes mangeaient – ce qui explique le panier de fruit dans la peinture … » Les figures étaient composées de surfaces aplaties et de parties arrondies plutôt que des faces de volumes arrondies dans un espace comprimé. Les contours arrondis cèdent la place au pointus, les formes angulaires et leur apparition dans l’œuvre outragent toutes les conventions traditionnelles de la beauté, la figure du milieu et à sa gauche, contemplent avec des yeux grands ouverts et les deux femmes à droite confrontent par le regard celui de l’observateur avec des masques menaçants. On a deux lignes dynamiques en diagonale, la première du coude en l’air de la femme du milieu vers le coin bas à gauche et de la main élevée de la femme à gauche vers le coin opposé à droite. Au coin droit la femme est dans une pose complètement impudique en s’asseyant ouvrant les cuisses comme pour exposer son membre féminin. Au contraire la femme du milieu est dans une pose classique rappelant l’Esclave Mourrant de Michel-Ange, les dames exposent une nonchalante grâce rappelant les femmes d’Ingres. Avec les bras plus haut que la tête frappe le regard d’une pose de séduction. Les deux femmes à côté du rideau épient les nouveaux venus.
Elles se révèlent d’une façon théâtrale, Les prostituées poussent de côté deux rideaux, et l’espace du bordel qu’on doit apercevoir, nous choque comme des planches de verre. Même dans la nature morte on a un sens de menace, la tranche de melon qui est pareille à un faux. Kirk Varnedoe a dit de ce melon : « Quand Picasso peignit cette œuvre, il y avaitÉtude pour Les Demoiselles d Avignon 1907 17x22cm encre sur papier de cahier une hystérie causée par la menace de mort du Syphilis et autre épidémie sexuelle. Dans cette anxiété d’esprit, la distorsion et la fragmentation du corps des prostituées peuvent être lu comme expression de la peur de Picasso et l’ambivalence contre la femme, et l’association du plaisir sexuel et de la menace de l’épidémie et la mort. »
Les prostituées sont considérées comme sujet d’art dans différentes œuvres à l’aube du XXe siècle. Elles sont projetées dans l’art dans différentes formes, comme littérature, photographie, peinture et certainement les gens peuvent les rencontrer dans les bordels ou dans les rues de Paris ou bien les autres cités européennes. L’une de ces rues est Carrer d’Avinyo à Barcelone, d’où les Demoiselles d’Avignon sont inspirées. Clayson Hollis dans son livre : Prostitution in French Art of the Impressionist Era, donne une image du monde de cette période dont on résume : La prostitution était un sujet d’avant-garde au début du XXe siècle, sans l’ètre au XIXe siècle. La prostitution était un problème de cette période à Paris qui a vu flétrir les bordels et les maisons closes. La disparition de ce problème fut principalement causée par les changements économiques et sociaux, qui ont suivis la première période de l’industrialisation : une incessante demande de mains d’œuvre féminines, qui a poussé à une baisse de l’âge de mariage (il y a eu une augmentation du nombre de liens conjugaux, et une baisse de liaisons consensuelles hors du mariage), et l’amélioration de mode de vie, et les changements des relations familiales (commeEsclavant mourrant 1513-16 hauteur 229 cm limitation des naissances). Ces changements dans la vie privée expliquent l’image de la prostituée dans la fin du XIXe siècle et le début du XXe siècle, qui est devenue à un personnage restreint à des scènes intérieures – comme salon clos – et plus discrète, non plus une image publique, ce thème serait dans les périodes suivantes une expérience privée ou bien une fantaisie libertine.
La femme avait une image à la fin du XIXe siècle de femme fatal, pareille à une érotique et destructive force. Cette image est alimentée par les fleurs du mal de Charles Baudelaire, et encore avant par le philosophe Schopenhauer. Une contradiction s’impose : Les femmes conducteurs de maladies et en même temps elles dégénèrent un fascinant plaisir, elle produit une indéniable attraction ravitaillée par la peur et la passion. Ce type de femme on le trouve en littérature chez Zola dans Nana (1866) ; en musique chez Wagner ; en peinture en plus de Picasso chez Munch et Manet. Dans ce sens Hollis dit : la femme qui d’une part vulgaire et simple, leur corps vicié, impropre et leur tête de vaurien pour ces classes inférieures de la société ; d’autre part elle tiennent une attraction érotique sans retenu en utilisant leur corps charnu fortement impliqué.
On conclut par l’effet qu’a causé les Demoiselles d’Avignon sur l’entourage de Picasso. La réaction était sans doute ni exagération un désastre. Il paraît que Picasso a bu de la térébenthine pour cracher le feu, disait Georges Braque, en la voyant pour la première fois. Les autres amis furent encore choqués, Léo Stein fit remarquer d’un ton sarcastique : « il paraît que tu essayais de peindre la quatrième dimension. » Un autre ami, Guillaume Apollinaire était horrifié. “Comme c’est amusant” disait Matisse, son ami et rival de l’art moderne, qui considérait la peinture comme une moquerie des objectifs de l’avant-garde qui échouerons Picasso. “Quelle perte pour l’art français !” cria le collecteur russe Sergei Shchukin. Seul Daniel Kahnweiler, qui début dans une carrière de marchand d’œuvres d’art, reconnut l’importance des Demoiselles d’Avignon et acheta les trente et un études préliminaires. Il voulut acheter l’œuvre, mais Picasso l’enroula en disant qu’elle n’était pas à vendre. Après neuf ans à en 1916 l’exposition de l’œuvre au publique, l’influence des Demoiselles d’Avignon se propage comme une onde de choque en révélant la nouvelle que l’art classique est brisé. En 1988 au Musée de Picasso à Paris une grande exposition exclusivement pour cette œuvre.
Aujourd’hui, les Demoiselles d’Avignon est l’une des importantes œuvres de l’histoire de l’art, et certainement l’œuvre la plus intéressante de l’art moderne. Elle est exposée au Museum of Modern Art à New York comme l’œuvre marquante de leur collection, et continue à causer le même émoi qu’elle faisait cent ans auparavant.

AddThis Social Bookmark Button

Tolérer le mal pour éviter le pire?  

: « Tolérer le mal pour éviter le pire ». [...]Il s’est agi de savoir si la tolérance était une bonne ou une mauvaise chose. Les premières interventions eurent pour effet de lister les méfaits de la tolérance. Signe de lâcheté, tolérer le mal ne résoudrait rien. « On ne tolère pas le mal, on l’accepte temporairement ! » lança une intervenante. Mais accepter, temporairement ou pas, est-ce autre chose que tolérer ? Or, c’est la tolérance qui, entraînant une incapacité à agir, serait un mal. Il nous faudrait donc résister contre le mal et non le tolérer. Et ne vaut-il pas mieux répondre au mal par le mal ?
Ou alors adopter une tactique d’évitement, car tout combattre serait aliéner sa liberté et « qui trop combat le dragon devient dragon lui-même » (Nietzsche). D’un autre côté, que vaut une liberté anesthésiée par une tolérance excessive ? Il serait toutefois mal venu de faire le procès de la tolérance un jour d’élection, fit remarquer l’animateur. Car enfin, tout le monde s’accorde à dire que c’est l’intolérance qui est insupportable, et non la tolérance. Cela ne m’a pas semblé évident du fait sans doute de ma méfiance naturelle pour les mots. Ce qui me paraît insupportable, c’est l’absolu. Une tolérance ou une intolérance relatives n’ont à mes yeux rien d’insupportables. Il nous faudrait à présent approfondir la notion de mal, demanda l’animateur. Un participant conseilla de ne pas s’aventurer sur le terrain de la métaphysique pour définir le mal, afin de ne pas tomber dans le religieux (qui n’est pas l’objet du débat). Et alors, répondit l’animateur ? Que gagnerions-nous à éviter la question métaphysique ? On ne l’a pas su, mais plusieurs définitions du mal se firent jour malgré tout. Pour certains, ce serait le déséquilibre intérieur, l’absence d’harmonie. Mais, fit remarquer l’animateur, il faut aller plus loin car remplacer « bien » par « harmonie » n'explique rien. L’harmonie n’est jamais qu’un ordre (un agencement) particulier, et on ne peut pas dire que les régimes totalitaires, pour ordonnés qu’ils soient, soient bons. Je restais dubitatif. Comment peut-on lier harmonie et régimes totalitaires, et que cherche-t-on à prouver ? Qu’un ordre n’est ni bon ni mauvais en soi ? Soit, mais à commencer par celui des idées – c’est-à-dire des associations d’idées –, alors... Pour d’autres, le mal réside dans la violence des uns ou la souffrance des autres. Pour d’autres encore, c’est tout ce qui détruit la dignité d’une personne. Autrement formulé, c’est considérer l’autre comme un moyen et non comme une fin en soi, aurait dit Kant. Dans ces conditions, qu’est-ce qui est pire que le mal ? [.......]Le débat s’engageait sur les sentier escarpés – l’expression « droit chemin » me semble tout à coup inappropriée – de la morale et de l’éthique. Nous allions ainsi passer de Kant à Machiavel, avec la question : la fin justifie-t-elle les moyens ? Par exemple, peut-on justifier la torture d’une personne pour éviter un attentat qui ferait des milliers de victimes ? Là encore, pas de réponse. Une intervenante fit judicieusement remarquer que cette dernière question opérait un déplacement du sujet : le bien serait alors assimilé à la vie, et le mal à la mort. Or, rien ne nous permet de faire une telle équation. La vie n’est ni un bien ni un mal en soi, pas plus que la mort. Donc, on ne peut pas dire que sauver des gens soit un bien. Toutefois, fit remarquer l’animateur, il n’est pas si facile de séparer la notion de bien de celle de vie. Si la vie est devenue le bien suprême, tout ce qui va dans le sens de la vie permet de supporter, de tolérer la souffrance ou la violence.[......]

Le problème qui se pose est double, remarqua une participante. D’une part, c’est celui de l’évaluation, de l’appréciation du mal présent, et d’autre part, c’est celui de l’incertitude liée au futur. On tolère non pas le mal, mais ce qu’on ne comprend pas, ce qu’on ignore, parce qu’on ne peut pas tout savoir. La tolérance est un pari. [...]. Que peut-on savoir du pire avant qu’il n’advienne ? Pourtant, Murphy nous renseigne parfaitement à ce sujet : « Si quelque chose peut mal tourner, alors ça tournera mal. » Certes, on ne peut savoir qu’après coup si on a eu tort ou raison de tolérer. Mais quand le ver est dans le fruit et qu’on ne veut pas le voir accords de Munich? Tout compromis est un engrenage et il vaut mieux prévenir que guérir, dit-on. Mais comment faire ? Si je considère ce moustique qui me tourne autour et m’agace ? Dois-je le tolérer ou le supprimer ? Et si je le laisse partir et qu’il est porteur du paludisme ? Dois-je alors supprimer tous les moustiques, pour être cohérent ? On a jusqu’ici évité le pire, c'est-à-dire une guerre atomique qui aurait détruit la planète, dit l’animateur. Quel succès (si, si) ! Mais l’avons-nous vraiment fait exprès ? Du moustique à la bombe atomique, il m’apparut que nous ne maîtrisions absolument rien, mais que nous avions des velléités de tolérer, d'endurer, de supporter ceci ou de ne pas accepter cela. Imbéciles vaniteux que nous sommes ! Le seuil de tolérance d’un individu à l’autre, d’une communauté à l’autre est aussi variable qu’aléatoire. On ne sait pas davantage ce que peut un corps (Spinoza) que ce que peut un esprit. Cent fois nous laisserons passer ce qui ne nous plaît pas, nous le tolèrerons, et puis la cent unième nous nous révolterons. Quand ? on ne sait pas, ça dépend du seuil. Pourquoi ? on saura toujours l’expliquer mais seulement après, parce qu’avant, personne n'aura voulu nous entendre. N’est-ce pas précisément le rôle de la philosophie d’anticiper et de prévenir les maux des hommes ? Or, elle semble bien plutôt agir comme un cataplasme que comme un guide préventif de nos actions, à l’instar du daimôn socratique. Est-il rassurant de savoir que « nul n'est méchant volontairement» quand on constate que le monde est peuplé d'involontaires ? Selon la loi de Murphy toujours, si l’homme a les moyens de faire sauter la planète, il le fera. La question est : quelle loi ou quel concept philosophique (éthique) pourrait rendre cette loi caduque ?

Écrit par Marc Goldstein


AddThis Social Bookmark Button

 

Proverbes du jour:

" Le palétuvier d’eau douce
dansa mal à cause de ses nombreuses jambes."




L'Enfant des Masques de Ludovic Obiang



De Senghor à Laye Camara, en passant par Hampâté Bâ et, jusqu'au dernier Dongala, la littérature africaine thématise le royaume de l'enfance. La littérature gabonaise participe à l'invention de ce geste rétrospectif confinant à l'autobiographie. Ainsi de son texte inaugural : Histoire d'un enfant trouvé. Mais si ce roman, à l'instar de ceux d'Okoumba Nkogué, dépeignent une enfance malheureuse, il n'en est pas de même pour des auteurs comme Laurent Owondo pour qui l'enfance ne prend sens qu'à travers l'initiation. L'Enfant des Masques de Ludovic Obiang explore une voie similaire. Sur le cours sinueux de l'écriture, l'auteur remonte "les abysses du souvenir" pour arpenter de nouveau les territoires vertigineux de l'enfance. Alors déferlent sous nos yeux hallucinés, un univers merveilleux, ondoyant et chamarré, peuplé d'êtres surnaturels surgis d'une matière végétale luxuriante. L'opacité qui enrobe les choses sacrées se fissure, les distances temporelles se compriment, la mangrove susurre ; brûler "au cœur des êtres et des choses" devient à nouveau possible.A travers ces cinq nouvelles baignant dans le charme tendre de l'enfance, l'auteur nous invite à redécouvrir notre regard d'enfant - ce regard constellant toute chose d'étrangeté et qui, tel "les sentiers" qui "infiltrent la forêt", s'ouvre sempiternellement. Alors, peut-être, pourrons-nous contempler, le visage des choses…
Renombo Ogoula.

AddThis Social Bookmark Button

le 20ème anniversaire de la Journée mondiale du sida.  

AddThis Social Bookmark Button

 


Le taux de prevalence est de 8.1% et le Gabon occupe le 13ème rang mondiale. Une prise de conscience s'impose à tous les niveaux.

AddThis Social Bookmark Button

le 20ème anniversaire de la Journée mondiale du sida.  


Le 1er décembre 2008 marquera le 20ème anniversaire de la Journée mondiale du sida. Depuis 1988, les efforts déployés pour contrer l’épidémie ont eu des résultats positifs; pourtant, le dernier rapport de l’ONUSIDA sur l’épidémie mondiale indique qu’elle n’est encore jugulée dans aucune des régions du monde.

En collaboration avec ses partenaires, la Campagne mondiale contre le sida a fixé pour thème cette année « Mener – Responsabiliser – S’activer », développant ainsi le thème de l’an dernier « Appel au leadership ». Mettre en évidence le leadership comme thème de la Journée mondiale sida 2007-2008, c’est offrir une occasion de rappeler l’importance à la fois du leadership politique nécessaire pour remplir les engagements pris dans la riposte au sida – en particulier la promesse d’un accès universel à la prévention, au traitement, à la prise en charge et au soutien dans le domaine du VIH d’ici à 2010 – et de célébrer le leadership manifesté à tous les niveaux de la société.

Une gamme de matériels à l’usage des individus et des organisations qui souhaitent faire campagne à l’occasion de la Journée et organiser des manifestations commémoratives sont disponibles sur le site Internet de la Campagne mondiale contre le sida. Le site comporte également un calendrier des manifestations sur lequel les organisations sont encouragées à présenter la liste des activités qu’elles préparent pour la Journée mondiale du sida.

Le concept d’une Journée mondiale sida est né en 1988 lors du Sommet mondial des Ministres de la santé sur les programmes de prévention du sida. Depuis lors, chaque année, les institutions des Nations Unies, les gouvernements et tous les secteurs de la société civile dans le monde entier se rassemblent pour faire campagne autour de thèmes particuliers liés au sida.

AddThis Social Bookmark Button

DECOUVERTE D'UNE ETOILE DE LA MODE  

Roland Angomé est un jeune styliste gabonais né en 1979. Il a découvert la mode à Abidjan puis à Paris. Dans la branche depuis 4 ans, Roland a fondé en 2001 l'atelier "Creations OrlandMen's" dont l'originalité et le professionnalisme sont reconnu à Libreville.L'atelier "Creations OrlandMen's" participe à des défilés et à des concours organises au Gabon. Il effectue également des expositions à l'hotel Méridien, à la foire exposition de Libreville et participe à bien d'autres manifestations.Il sera présent au Concours des Créateur Gabonais qui aura lieu en juin 2003 a Libreville .

Roland va travailler en partenariat avec l'agence ETOILE DE LA MODE en
Belgique.


Cliquez sur le lien pour voir ses modeles: COLLECTIONS

AddThis Social Bookmark Button

Critique du projet du gouvernement UPG  

Avant de critiquer le projet nous vous proposons un extrait du projet UPG

CHAPITRE I
LES INSTITUTIONS ET LES ORGANES DE LA REPUBLIQUES
Un Etat moderne, à l’ère de la mondialisation, ne peut être crédible s’il ne
s’inscrit résolument dans la logique de la démocratie dont le fondement reste la
protection des libertés fondamentales, collectives et individuelles, la consolidation
des droits de citoyen et le respect des devoirs vis-à-vis de 1 Etat et des tiers.
Les institutions de la République doivent permettre le fonctionnement de
l’Etat selon les principes de la souveraineté nationale, la séparation des pouvoirs
exécutif, législatif et judiciaire, ainsi que ceux relatifs aux droits fondamentaux des populations.
1- Le pouvoir exécutif
L’Union du Peuple Gabonais (UPG), attaché aux valeurs démocratiques et à
l’expression du peuple, donne sa préférence à l’instauration d’un régime
semiprésidentiel
qui affirme l’autorité et la dignité de l’Etat ainsi que la reconnaissance
de toutes les prérogatives du parlement à lui confiées par la loi fondamentale.
Dans ce contexte, le pouvoir exécutif comprend:
- Le Président de la République, dont le rôle est de:
• veiller au respect de la constitution,
• assurer le fonctionnement régulier des pouvoirs publics,
• assurer la continuité de l’Etat,
• garantir l’indépendance nationale, l’intégrité du territoire, le
respect des accords et traités etc.
- Le Gouvernement qui, disposant de l’administration, des forces de
sécurité et de défense, détermine et conduit la politique de la nation
tout en étant responsable devant le parlement dans les conditions
prévues par la loi fondamentale.
2- Le pouvoir législatif
Le pouvoir législatif sera représenté par un parlement monocaméral
disposant de toutes les prérogatives parlementaires. Celles relatives au contrôle de
l’action de l’exécutif seront particulièrement renforcées pour consolider la gestion
transparente de l’Etat.
A cet effet, l’autonomie de gestion de l’Assemblée Nationale sera
réaffirmée en vue de matérialiser la séparation des pouvoirs.
3- Le pouvoir judiciaire
Dans le régime démocratique que nous voulons mettre en place, la force de
la justice, son fonctionnement libre ne doit être soumis qu’à l’autorité de la loi.
Le pouvoir judiciaire doit donc être indépendant du pouvoir législatif et du
pouvoir exécutif. Nous envisageons donc dans l’affirmation de ce principe de
séparation des pouvoirs et, pour des raisons d’étique démocratique, une réforme
susceptible de garantir l’indépendance effective du pouvoir judiciaire.
Une version corrigée de la Cour Suprême nous permettra d’être en accord
avec l’existence du Conseil Supérieur de la Magistrature.
Il est envisagé l’élection du Président de cette institution par ses pairs ainsi
que la révision du cursus et des programmes de formation des Magistrats.
Les structures de fonction doivent garantir le perfectionnement des
personnels.
Une codification harmonieuse doit permettre une saine coexistence entre les
magistrats, les greffiers, les personnels de police judiciaire.
La profession de greffier doit être organisée de façon à permettre une
véritable carrière et à favoriser par des passerelles l’accès à la fonction de
magistrat.
4- Les Institutions constitutionnelles
Les Institutions constitutionnelles disposant d’une autonomie de
fonctionnement doivent concourir à la consolidation et à la régulation de la
démocratie sous toutes ses formes. Leur nombre doit coller à l’objectif de la
réduction du train de vie de 1’Etat et de la prise en compte permanente des
aspirations du peuple gabonais.
A cet effet, les Institutions ci-après seront maintenues ou mises en place:
- Le Conseil National de la Communication (CNC) devra:
• jouer son rôle de gestionnaire à la fois des opinions et de protecteur de la
liberté d’informer
• garantir la liberté de la communication audiovisuelle et écrite
• favoriser l’expression et la diffusion de la culture nationale
• disposer de toutes les prérogatives prévues par la loi fondamentale.
- Le Conseil Administratif et Financier (CAF) devra:
• évaluer et proposer des améliorations des procédures administratives et
financières
• assurer le contrôle permanent de l’action administrative et financière de
l’Etat
• identifier les secteurs productifs de l’Administration
• disposer de toutes les prérogatives prévues par la loi fondamentale
- Le Conseil Economique et Social (CES) a compétence sur:
• l’orientation générale de l’économie du pays;
• la politique financière et budgétaire;
• la politique des matières premières;
• la politique sociale et culturelle;
• la politique de l’environnement.
5- L’organisation de l’Etat
Pour fonctionner correctement, 1’Etat doit être organisé pour recouvrer et :
- redonner à l’Etat sa dignité, son autorité et sa crédibilité
- restaurer le service public
- créer les conditions de la motivation et de la conscience
professionnelle des Agents de l’Etat.
- créer les conditions de l’efficacité et de la performance
du service public
Il doit en outre disposer d’une administration centrale et d’une
administration territoriale.
5-1 L’Administration Centrale
L’Administration Centrale comprend:
- les Ministères,
- les Directions Nationales
- les Services Centraux.
Elle doit être performante, efficace et au service de l’Etat et du peuple
gabonais.
5-2 L’Administration Territoriale L’Administration Territoriale est
animée par:
- les Préfets
- les Sous-Préfets
- les Conseils communaux et départementaux
- les Services déconcentrés
Les fonctions de Préfet sont assurées par des fonctionnaires de
l’Administration centrale nommés conformément aux dispositions
constitutionnelles. Ils sont au service du pouvoir central.
Les Conseillers municipaux et départementaux sont élus. La gestion des
Mairies et des départements est assurée par les Présidents et Vice-présidents élus.
Au terme de la loi, les collectivités locales doivent être des entités de base
auxquelles sont conférés des pouvoirs suffisamment larges aux plans administratif,
économique, financier, social et culturel, pour permettre un véritable
rapprochement de l’administration de la population.
Une organisation rationnelle de celles-ci doit pouvoir déboucher sur la
revivification de toutes les zones jusqu’à présent hors de portée de l’activité
économique du pays qui pour l’essentiel existe seulement dans les rares provinces
disposant de ressources naturelles en cours d’exploitation.
La vitalité ainsi impulsée notamment par le transfert de certaines
compétences de l’Etat central débouchera entre autre sur la création d’une grande
activité économique créatrice de pouvoir d’achat.
La disparité observée entre les différentes collectivités locales sera d’autant
plus réduite que celles-ci seront pourvues de moyens humains et financiers
nécessaires à la diffusion du progrès économique, social et culturel.
Grâce à un mécanisme de péréquation à mettre en place, les écarts de
richesse donc des inégalités seront réduits entre les collectivités locales.
La décentralisation doit par ailleurs permettre l’éclosion d’une fonction
publique territoriale, autre moyen de résoudre le problème épineux du chômage.
CHAPITRE II
LA POLITIQUE ECONOMIQUE
Après plus de trente huit (38) ans de gestion du pays par le Parti
Démocratique Gabonais (PDG), l’on peut constater que le Gabon a une économie
en état de délabrement avancé, en dépit de l’évolution positive de la situation
enregistrée en l’an 2000, selon les autorités politiques.
L’activité économique du Gabon reste profondément marquée par une
récession persistante, de laquelle il faudra sortir grâce à une politique économique
qui devra capitaliser les indicateurs extérieurs de la croissance mondiale.
Il est donc important que des mesures drastiques de reconstitution de
l’environnement économique soient résolument prises pour restaurer les grands
équilibres macro-économiques, réaliser des performances au niveau financier et
budgétaire.
Cette politique sectorielle doit être tournée résolument vers l’assainissement
des finances publiques, l’allègement de la dette notamment intérieure,
l’affermissement de l’activité productive, la consolidation des situations
extérieures et monétaires.
Pour ce faire, des actions prioritaires doivent être engagées sans délais, il
s’agit de:
- l’assainissement des finances publiques,
- la relance de l’économie,
- le financement de l’économie,
- la politique fiscale,
- la politique budgétaire,
- la planification de l’économie,
- la bonne gouvernance,
- la lutte contre la pauvreté,
- la mise en oeuvre des reformes structurelles.
1- L’assainissement des finances publiques
L’assainissement des finances publiques a pour objectif de renforcer les
recettes budgétaires, maîtriser les dépenses de fonctionnement et favoriser
l’investissement, facteur de croissance, source d’emplois.
* Recettes budgétaires
Les recettes budgétaires constituent l’épine dorsale de la politique pour le
développement au bénéfice des Gabonais.
Le renforcement de celles-ci obéit aux principes fondamentaux ci-après:
- l’affermissement et le développement des ressources hors pétrole
composées essentiellement des impôts et taxes directs et indirects, des
recettes douanières,
- l’identification de nouveaux foyers fiscaux,
- l’élargissement de l’assiette fiscale,
- le redressement fiscal,
- l’allègement progressif du poids des ressources pétrolières qui équivalent
à 62,3% des ressources de l’Etat,
- la réduction régulière des ressources d’emprunts notamment ceux liées
aux investissements,
- la suppression pure et simple des emprunts d’équilibre qui représentent
en moyenne 85% des ressources d’emprunts.
Des objectifs précis doivent être assignés aux administrations des douanes et
des contributions directes et indirectes pour la mobilisation des ces ressources hors
pétrole afin d’être de moins en moins tributaire des variations des termes de
l’échange et du prix du baril de pétrole.
Pour ce faire, des ressources humaines en nombre et en qualité seront mises
à la disposition de ces administrations.
* Maîtriser les dépenses de fonctionnement
Le fonctionnement constitue avec le service de la dette le poste le
p us important des dépenses budgétaires.
Les dépenses de fonctionnement concernent les traitements et salaires, les
biens et services, les transferts et interventions.
Ces dépenses en régulière progression doivent être contenues, à court terme
par une meilleure gestion des salaires des personnels permanents et non
permanents.
Les consommables doivent être maîtrisés par la rationalisation de la
consommation des biens et de l’utilisation de l’eau, de l’électricité et du téléphone.
Le matériel roulant constituant une dépense annuelle très importante sera
strictement géré en appliquant le principe de l’amortissement.
La meilleure gestion de la dépense doit être consolidée par la réduction de
l’équipe gouvernemental, des institutions constitutionnelles, du nombre de
conseillers des Ministres, du Premier Ministre et du Président de la République.
A moyen terme, une étude sera engagée pour réduire le nombre de Députés.
Le Sénat, la Vice-Présidence de la République seront supprimés à l’occasion
de la modification constitutionnelle qui devra intervenir.
* Dette publique
Les fonds de service de la Direction Générale de la Comptabilité Publique
(DGCP), constituent une des masses budgétaires des plus importantes.
Les engagements extérieurs et intérieurs feront l’objet d’un véritable audit
pour dégager la part résultant du gonflement artificiel de ceux-ci et celle ayant
réellement servi au financement du développement.
En tous les cas, un effort soutenu doit être entrepris pour respecter les
engagements notamment ceux intérieurs vis-à-vis des entreprises qui seront
appelées à soutenir l’effort pour résorber le chômage particulièrement des jeunes.
Pour ce faire, le trésor public sera appelé à consentir des efforts substantiels.
Par ailleurs, les négociations seront engagées avec les créanciers.
La dette bilatérale qui constitue en moyenne 75% de la dette extérieure fera
l’objet d’un examen approfondi dans le cadre des commissions mixtes.
L’encours de la dette laisse apparaître sur la base des projections une
augmentation constante du service de la dette consolidée s’agissant des créanciers
publics.
Il est donc urgent de rechercher d’autres modes de traitement de
l’endettement du Gabon, étant entendu que le rééchelonnement ne constitue pas
une solution.
* Dépenses d’investissement
Il a été constaté que les dépenses d’investissement font généralement l’objet
d’une exécution partielle du fait de la mise en place souvent tardive du budget et
des difficultés inhérentes à la technique d’exécution dudit budget.
L’investissement étant constitué de constructions, réfections de bâtiments et
voiries, d’acquisition de matériel, il est important, tout en respectant les procédures
édictées par la loi, d’alléger la procédure d’appels d’offres et de choix d’opérateurs
pour engager dans les délais raisonnables les travaux qui sont au demeurant soumis
à des contraintes climatiques.
La programmation de l’investissement sera triennale et régionale.
L’investissement sera constitué d’une part réservée à la modernisation de
l’équipement administratif et de celle destinée à la création des pôles régionaux de
développement.
La maîtrise de ces éléments permettra d’atteindre l’objectif du bien-être des
Gabonais.
Pour assainir es finances publiques, es mesures ci-après doivent être
prises :
1.1 la réduction du train de vie de 1’Etat
La réduction du train de vie de l’Etat exige des mesures courageuses et
rigoureuses, notamment en ce qui concerne l’assainissement de la fonction
publique jugée pléthorique et ayant une incidence au budget anormalement élevée.
Les dépenses relatives au fonctionnement de l’Etat devraient pouvoir être
réduites à hauteur de trente pour cent (30%).
1.2 la réduction de l’équipe gouvernementale
Pour gérer un Etat ne dépassant pas un million d’habitants, il est envisagé
une équipe gouvernementale se situant entre 15 et 19 Ministres en plus du Premier
Ministre (15 à 19 + 1).
Cette réduction de l’équipe gouvernementale permettra d’engranger des
économies substantielles de fonctionnement.
Une équipe gouvernementale aussi compacte sera gage d’efficacité, ellemême
renforcée par la réduction du circuit de prise de décisions à l’intérieur de
chaque département ministériel.
L’équipe gouvernementale ainsi réduite permettra, outre les avantages
annoncés ci-dessus, la responsabilisation des techniciens à toutes les étapes de la
préparation de décisions, les impliquant ainsi dans la décision.
1.3 la limitation des postes de hauts fonctionnaires à connotation
politique
La Présidence de la République, la Primature, les Ministères n’ont pas
besoin d’un nombre exorbitant de hauts fonctionnaires et autres conseillers pour
fonctionner avec efficacité. Il est donc indispensable de limiter au strict minimum
le nombre de hauts fonctionnaires et conseillers à connotation politique.
A ce titre, le décret 872/PR du 8 août 2003 fixant le nombre de conseiller
par administration, sera révisé pour revoir à nouveau les quotas.
1.4 la stabilisation de l’endettement de l’Etat
La dette globale de 1’Etat étant en régulière augmentation, une action
vigoureuse doit être engagée pour stabiliser les engagements qui sont sans cesse
contractés vis-à-vis de l’extérieur.
Ceci passe par la recherche continue des voies et moyens pour augmenter les
ressources propres de l’Etat.
Il doit être recouru de moins en moins aux emprunts d’équilibre ainsi qu’à
ceux qui financent de manière systématique l’investissement.
Le règlement de la dette intérieure, facteur d’investissement, permettra aux
entreprises ayant des activités sur le territoire national, de continuer d’honorer
leurs engagements notamment auprès de leurs employés et des organismes de
protection sociale.
Les secteurs primaires, secondaires et tertiaires contribueront par conséquent
à l’affermissement de l’activité productive et à la consolidation des situations
extérieure et monétaire.
L’objectif de la stabilisation de l’endettement pourrait déboucher sur la base
de l’encours de 2001 à une diminution progressive du service de la dette à moyen
terme; ce qui pourrait déboucher sur un encours moyen annuel de l’ordre de deux
cent cinquante (250) milliards.
1.5 l’adaptation des dépenses de la nation aux recettes
g~~rées
Le budget de l’Etat étant autorisé par le parlement, en équilibre en recettes
et en dépenses, son exécution doit être rigoureuse.
Aussi, les dépenses prévues dans celui-ci doivent être exécutées strictement,
dans l’objectif de dépenser mieux conformément aux prévisions budgétaires.
Ceci facilite le contrôle du parlement par le biais de la loi de règlement et
par le Conseil d’Etat par le biais de la cour des comptes.
1.6 la stabilisation des arriérés
Les arriérés résultant du fonctionnement de l’Etat, comme pour
l’endettement doivent être contenus pour ne pas verser dans la spirale du passif
chronique qui caractérise une gestion qui nie l’importance de la dette intérieure
dans les conflits sociaux.
1.7 le respect strict des dépenses prévues aux budgets de l’Etat
On a souvent observé dans l’exécution du budget une dérive devenue
presque systématique dans l’exécution des dépenses effectuées en dehors des
budgets autorisés par le parlement, débouchant sur un hors budget plus important
que le budget.
Un respect strict des dépenses prévues dans le budget doit être observé par
les différentes administrations sous le contrôle du Ministère de l’Economie, des
Finances et du Plan.
1.8 le raccourcissement des délais de paiement des factures aux
entreprises
La nécessité de redonner confiance à l’entreprise passe par l’allégement de
la dette intérieure c’est-à-dire par le paiement dans les délais raisonnables des
prestations des entreprises vis-à-vis de l’Etat.
Une discussion paritaire entre l’Etat et l’entreprise doit être engagée pour
raccourcir les délais de paiement des factures.
2- La relance de l’économie
La relance de l’économie passe par la mise en place d’un environnement
d’investissement sous-tendu par un cadre réglementaire favorable, d’une part et
d’une grande capacité de consommation d’autre part.
Cette relance se fera à la fois par l’investissement et par la consommation.
Au titre de l’investissement, les grands travaux ci-après seront engagés.
Il s’agit de:
- bâtiments et travaux publics (bâtiments, routes, ports et rades,
- extension et interconnexion des réseaux électriques,
- développement de l’agriculture, des agro-industries, des industries
alimentaires et des coopérations agricoles,
- gestion du patrimoine forestier et du développement des industries de
transformation du bois,
- développement de la pêche et transformation des produits halieutiques,
- développement de l’élevage,
- développement du tourisme et de l’industrie touristique.
Le soutien au développement de notre pays passe par le développement des
transports urbains, interurbains et des communications.
L’Etat, péréquateur, devra favoriser la répartition équitable de l’activité
économique en encourageant la création des entreprises sur toute l’étendue du
territoire national.
Le développement de leurs activités permettra d’atteindre les objectifs
sociaux indispensables de plein emploi et de solidarité nationale.
Ces pôles d’activité économique devront aussi permettre l’apprentissage de
jeunes gabonais.
La relance par la consommation sera favorisée par la capacité des Gabonais
à consommer les produits du cru.
Cette capacité de consommation sera augmentée par l’allocation aux
gabonais de plusieurs primes, financées par une partie des économies engrangées
suite aux mesures d’assainissement des finances publiques.
Les prestations telles que les allocations familiales seront versées à toute
famille ou à tout parent ayant au moins un enfant en âge de les percevoir, sans
limitation du nombre pourvu que l’un des parents en soit réellement le géniteur.
Ces primes toucheront essentiellement la frange la plus fragile de la
population notamment les familles à faible revenu, les filles mères, les handicapés,
les personnes âgées, les retraités, les parents isolés.
2.1 Les bâtiments et travaux publics (routes, ports et rades)
La relance du secteur des bâtiments et travaux publics passe par l’apurement
de la dette de l’Etat vis-à-vis des entreprises des bâtiments et des travaux publics.
Le démarrage effectif de l’activité des bâtiments et des travaux publics
notamment par l’entretien routier, les travaux des voiries urbaines, des voiries
inter-urbaines, la réhabilitation et la construction des édifices publics permettrait
l’amélioration du produit intérieur brut en permanente décroissance depuis 1998.
D’une manière générale, la politique économique du pays doit être
résolument tournée vers l’amélioration du produit intérieur brut des secteurs
primaire (agriculture, élevage, pêche, exploitation forestière, pétrole brut, mines),
secondaire (industries agroalimentaires, boissons, industrie du bois, autres
industries, raffinage, électricité, eau, B.T.P., recherche, services pétroliers),
tertiaire (transports et communications, services, commerce, DTI et TVA,
services bancaires, assurances).
2-1.1 Les routes
Aucun développement économique et social, aucune unité nationale ne sont
possibles en l’absence de voies de communication praticables en toutes saisons
dans les meilleures conditions de confort.
Si 800 km de routes sont bitumées sur 7800 km de routes classées, le réseau
routier gabonais comptant 9300 km de routes, le différentiel est en pistes
d’éléphants soumises à l’érosion en saison des pluies compliquant d’autant la
circulation, tout en rendant difficile la distinction entre une route nationale,
provinciale et départementale.
Comment parler d’unité nationale, si les gabonais du nord, du sud, de l’est,
ou de l’ouest, ne peuvent se déplacer, se fréquenter et se connaître.
Notre priorité reste l’accroissement linéaire des routes modernes bitumées
pour se situer au niveau des autres pays et pour:
- Relier les capitales provinciales à Libreville, les départements aux chefs
lieux de provinces et les départements entre eux.
- Relier les bretelles de raccordement à la transafricaine qui traverse le
NIGERIA, le CAMEROUN, le CENTRE AFRIQUE, le KENYA, ceci dans
le cadre de l’intégration sous régionale.
Le réseau routier actuel, ne permet pas la desserte de tous les grands centres
administratifs et économiques du pays.
Le Gabon par rapport aux pays du Sahel est resté jusqu’à ce jour, sans
véritables voies de communication.
Le réseau routier gabonais est caractérisé par une faible densité de 3 km de
routes pour 100 km2 de superficie, une faible proportion de routes bitumées 8% du
réseau.
Pour relier les capitales provinciales à Libreville par des routes modernes,
praticables en toutes saisons, il faut aménager efficacement les tronçons de routes
reliant la capitale politique Libreville au Sud Est et au Sud Ouest, et qui doivent
être entretenus selon les règles de l’art.
Les axes routiers Lambaréné — Tchibanga — Mayumba, Libreville -
Franceville et Franceville - Mayumba — Gamba recouverts de latérite comme
couche de roulement doivent être en riorité revêtus pour permettre le
désenclavement de toutes les localités du sud ouest et du sud est.
La construction de ces axes routiers, d’une importance capitale, apportera
aux communautés de ces localités plusieurs avantages notamment:
- l’accroissement des échanges économiques
- la baisse substantielle des coûts de produits de première nécessité et des
matériaux, avec la construction du port en eaux profondes de Mayumba.
A ces linéaires, il faut ajouter la route Bifoun - Port Gentil qui malgré les
études, n’a toujours pas connu un début de commencement des travaux. Port-
Gentil, pôle économique du pays, ne doit pas être la seule capitale provinciale à ne
pas être reliée à Libreville par voie terrestre.
Il sera également effectué la construction de nouvelles routes tenant compte
de l’existence de bons matériaux de base et de l’exigence des meilleures conditions
d’entretien.
Les chaussés ainsi construites doivent être résistantes et jouir d’une longue
durée de vie minimisant les besoins en entretien.
a) Planification et Gestion de l’Entretien Routier
La détérioration croissante et généralisée de nos routes ne peut être jugulée
que par la mise en place d’une campagne permanente d’entretien routier planifié et
géré vigoureusement.
L’entretien régulier de la route permettra de baisser les coûts d’exploitation
de l’ordre de 20% à 40%.
Le réseau routier doit être générateur de recettes au budget de 1’ Etat ceci
grâce à la collecte des taxes variées, liées à l’usage des routes.
La politique de la route doit faire une place importante à l’entretien et à
l’extension du réseau routier par la construction des routes nouvelles sur la base
d’un programme d’investissement financé autant que faire se peut par les
ressources propres de l’Etat.
b- Office de l’entretien routier
Pour prolonger la durée de vie du réseau routier, il est urgent d’organiser
systématiquement les secteurs de l’entretien routier dont le fonctionnement doit
être financé par le Fonds d’Entretien Routier (FER).
Le système d’entretien actuel basé sur des mécanismes administratifs, ne
permet plus de répondre aux objectifs du moment.
Ce pourquoi il est préconisé entre autres solutions, la création d’un office
chargé de l’entretien routier, structure institutionnelle et autonome.
L’office aura pour mission la supervision, l’exécution et le contrôle des
travaux d’entretien routier.
Son fonctionnement sera assuré par le fonds d’entretien routier (FER)
L’office de l’entretien routier (OFER) s’appuiera pour exécuter ses
missions sur les subdivisions des travaux publics qui devront être renforcées en
matériel et en ressources humaines.
2-1.2 Les ports et rades
Les ports qui sont au demeurant des frontières naturelles doivent être
aménagés et régulièrement entretenus de telle manière qu’ils rapportent de l’argent
au budget de 1’ Etat.
Pour ce faire, il est indispensable d’examiner la situation actuelle de l’Office
des ports et rades du Gabon qui affiche aujourd’hui un chiffre d’affaire moyen
d’une dizaine de milliards et envisager sérieusement la possibilité d’augmenter ses
capacités de recettes, notamment en élargissant ces activités en direction du
partage de la manutention dont le chiffre d’affaires avoisinerait plusieurs dizaines
de milliards.
Ces chiffres éloquents renforcent notre volonté de construire à terme le port
de MAYUMBA dans le sud ouest du Pays.
2-1.3 Le réseau ferroviaire
Le transport ferroviaire au Gabon se fait un chemin de fer à une voie de 650
km. Il s’agira pour le prochain Gouvernement d’engager une étude pour augmenter
l’impact du transport ferroviaire sur le transport routier, envisager la construction
du tronçon Belinga-Booué ainsi que l’interconnexion à terme avec les autres
infrastructures ferroviaires de la sous-région en passant par l’harmonisation des
caractéristiques.
3- Le financement de l’économie
Pour qu’elle soit vigoureuse, l’économie doit voir la participation des
populations pour son financement.
Ce financement exige un secteur bancaire dynamique prêt à soutenir
l’entreprise, à créer les conditions attractives permettant de constituer les réserves
pour ce faire.
Les mesures ci-après seront mises en place:
- améliorer la politique et système bancaire,
- inciter à l’épargne,
- consentir des crédits à moyen et long terme,
- réduire le circuit de règlement des marchés passés entre 1’ Etat et les
opérateurs économiques par la mise en place d’une procédure accélérée
notamment en limitant le nombre d’intervenants,
- réviser à la baisse les taux d’intérêts bancaires,
- créer de nouveaux produits bancaires et/ou financiers,
- aménager la fiscalité de façon à encourager l’épargne,
- mettre en place une grille de taux d’intérêts adaptée aux besoins de
l’économie.
Il s’agit par ailleurs d’engager une réflexion susceptible d’orienter les
masses financières énormes engrangées de manière informelle dans le cadre des
opérations dites « Tontines ».
4- La politique fiscale
Le niveau très élevé de la fiscalité au Gabon constitue une des causes de la
cherté de la vie, de l’absence de l’épargne et de la faiblesse de l’investissement.
Une fiscalité allégée favorisant l’investissement et l’épargne sera mise en
place.
Un accent particulier sera mis pour lutter contre la parafiscalité, la fraude et
l’évasion fiscales.
L’impôt sur le revenu ne doit pas signifier l’impôt sur les salaires. Une étude
doit être engagée pour bien apprécier la notion d’impôt sur le revenu et adopter son
corollaire la déclaration de revenus.
Des franges de la population gabonaise identifiées après une étude
approfondie bénéficieront d’une exemption d’impôt.
L’assiette fiscale doit être élargie pour toucher le maximum de
contribuables.
Un certain nombre de dispositions fiscalo-douanières devront faire l’objet
d’une étude supplémentaire aux fins de leur aménagement.
Des mesures d’identification de nouveaux foyers fiscaux seront mises en
place.
A court terme, il s’agira d’organiser avec des ressources humaines en nombre et en
qualité des campagnes systématiques de récolte de l’impôt.
4-l Améliorer le rendement des impôts et taxes hors mine et pétrole
existants
4-1.1 Impôts sur les bénéfices et revenus
Les bénéfices réalisés par les entreprises sont selon leur forme juridique et
éventuellement l’option exercée, imposables soit à:
- l’Impôt sur le Revenu des Personnes Physiques (IRPP)
- l’Impôt sur les Sociétés (IS)
a) L’Impôt sur le Revenu des Personnes Physiques (IRPP)
L’IRPP est dû par l’exploitant individuel sur les bénéfices ou le chiffre
d’affaire qu’il a réalisés sur:
- les bénéfices industriels et commerciaux
- les bénéfices agricoles
- les bénéfices des professions non commerciales
L’IRPP est dû également par les associés des sociétés des personnes et des
sociétés civiles non soumises à l’Impôt sur les Sociétés (IS).
L’IRPP est enfin dû par les personnes physiques sur:
- les revenus fonciers
- les salaires, les pensions et rentes viagères
- les revenus des capitaux mobiliers
qu’elles ont perçus au cours d’un exercice.
Les assujettis à l’IRPP constituent la majorité des contribuables. Mais c’est
aussi la catégorie des redevables la plus difficile à cerner. Les prévisions des
recettes budgétaires d’impôt n’ont jamais atteint soixante milliards
(60.000.000.000) de francs CFA.
Un objectif de quatre-vingt (80) à cent (100) milliards doit être défini. Pour cela, il
faut:
- un recensement exhaustif de redevables, soutenu par les collectivités
locales
- une pression constante sur le terrain
- des contrôles fiscaux ininterrompus
- une augmentation de la pression fiscale sur les hauts revenus. etc.
b) L’ Impôt sur les Sociétés (IS)
L’Impôt sur les Sociétés s’applique sur les bénéfices réalisés par les sociétés
des capitaux et sur ceux réalisés par les sociétés des personnes et les sociétés
civiles ayant opté pour le régime fiscal des sociétés de capitaux.
Des dix-neuf mille cent cinquante-neuf (19.159) sociétés immatriculées au
Gabon seulement quatorze mille dix (14.010) sont réputées actives.
Les sociétés minières et pétrolières sont évaluées à environ deux cent (200)
sociétés pour les trois régimes:
• conventions d’établissement,
• contrats de partage de production,
• et régime des sous-traitants pétroliers.
Il faut cependant noter qu’il existe de moins en moins de société disposant
d’un régime de convention d’établissement.
Un régime mixte (convention d’établissement — contrat de partage de
production) est de plus en plus en vigueur.
Les sociétés hors mines et pétrole occupent une place presque symbolique
au niveau des recettes budgétaires.
Les prévisions des recettes n’ont jamais atteint cent milliards
(100.000.000.000) de francs cfa.
L’objectif dépassant les cent milliards .de francs cfa peut être atteint si on:
- procède à un recensement exhaustif des sociétés existantes.
- élargit l’assiette de l’impôt.
- augmente les effectifs des inspecteurs chargés du contrôle fiscal.
- leur assure une formation adéquate aux nouvelles techniques de l’impôt.
4-1.2 Impôts sur le chiffre d’affaires
- La Taxe sur la Valeur Ajoutée (TVA) La TVA est un impôt
général sur la dépense.
Sont assujettis à la TVA, les personnes physiques ou morales qui
accomplissent des activités économiques et qui réalisent un chiffre d’affaires de:
- soixante (60) millions pour les prestations de service.
- quatre-vingt (80) millions pour la généralité des affaires.
- cinq-cent (500) millions pour certaines activités économiques telles que
le transit, auto-écoles, restaurants...
Environ mille cinq-cent soixante-quinze (1.575) sociétés et entreprises
individuelles sont assujettis à la TVA pour des recettes ne dépassant pas cent
milliards (100.000.000.000) de francs cfa.
Il convient de rappeler ici que la TVA est un impôt très rentable dont la
rentabilité peut être améliorée en:
- élargissant son assiette,
- instituant des contrôles systématiques des personnes assujetties,
- augmentant les effectifs de personnel chargé de gérer et de contrôler cet
impôt...
4-1.3 Autres impôts, droits, redevances et taxes divers
a- Autres impôts
a-1 Impôts professionnels (impôts locaux):
- Patente Licence
- Impôt forfaitaire sur le revenu
a-2 Impôts sur la propriété (impôts locaux):
- impôt sur la propriété bâtie
- impôt sur la propriété non bâtie
- impôt sur les biens de main morte
- impôt sur les terrains
a-3 Autres impôts divers:
- la retenue à la source au taux de 10%
- l’impôt sur le revenu des valeurs mobilières
b- Droits:
- droits de mutation,
- droits d’enregistrement,
- droits de timbre,
- droits d’accises: impôts sur les boissons impôts sur les tabacs
c- Redevances:
- redevance forfaitaire d’habitation
- redevance statutaire de la BEAC égale à 50% du bénéfice
d- Autres taxes diverses:
- la taxe spéciale sur les opérations financières. supprimée par la loi
des finances 1998 et remplacée par la TVA au taux de 18%
- la taxe spéciale sur les loyers:
• 15% pour les propriétaires ordinaires
• 18% pour les assujettis à la TVA
- les taxes spéciales sur les carburants:
• une taxe de consommation intérieure sur les carburants
• une taxe municipale sur les carburants
- la taxe sur les assurances
- les taxes personnelles
• la taxe complémentaire sur les salaires
• la taxe vicinale
• la taxe forfaitaire de solidarité nationale
Cette rubrique comprend une mosaïque d’impôts et taxes pour lesquels nous
ne fixons aucun objectif précis.
Toutefois, il convient d’indiquer que certains impôts et taxes peuvent
constituer des recettes importantes pour le budget de l’Etat ou des collectivités
locales
• C’est le cas des impôts fonciers qui nécessitent une réforme
importante qui doit intégrer «la grande réforme sur l’aménagement
des villes et du territoire ».
• C’est également le cas des impôts comme la retenue à la source, les
droits de mutations, les droits d’accises, les taxes spéciales sur les
carburants et l’impôt sur le revenu des valeurs mobilières qui, peuvent
générer beaucoup de recettes budgétaires selon l’état de santé des
entreprises et de l’Etat.
4-2 Identifier et exploiter les ressources non-budgétisées de l’Etat
4-2.1 L’administration fiscale et non-fiscale
a- L’administration fiscale de l’Etat
Elle est composée d’un certain nombre de directions qui exercent,
conformément aux lois et règlements, les missions d’assiette, de liquidation, de
recouvrement des impôts de toute nature. Ce sont:
- la direction générale des contributions directes et indirectes
- la direction générale des domaines de l’enregistrement et du timbre
- la direction générale des douanes et des droits indirects
- la direction générale du Trésor
- la direction générale de la comptabilité publique qui gère la dette
intérieure et contrôle la gestion des deniers publics.
En dehors de ces directions, les autres services de l’Etat accomplissent
purement et simplement « une mission fiscale ».
b- L’administration non fiscale
Elle est investie par les lois d’une «mission fiscale» qui consiste à asseoir, à
liquider et à recouvrer les droits, taxes, amendes, contraventions et pénalités en lieu
et place de l’administration fiscale.
Mais ce qui fait l’intérêt de cette partie, et s’avère au demeurant surprenant,
c’est que l’argent collecté par cette administration ne prend pas nécessairement la
direction du trésor public transgressant ainsi le principe sacro-saint de l’unicité de
caisse.
Une étude plus approfondie révélera la réalité des sommes qu’elle collecte.
Cette administration non-fiscale est composée pour l’essentiel des ministères qui
ont en leur sein des services qui sont chargés de collecter l’impôt, il s’agit de:
• Direction générale du commerce, du ministère du commerce, qui
délivre les agréments et les cartes de commerçants;
• Commissariat à l’immigration qui délivre les cartes de séjour, les
certificats de résidence et autres papiers;
• Forces de sécurité, police et gendarmerie, qui distribuent les
contraventions;
• Gouvernorats qui font payer les engagements décennaux;
• Ministères de l’économie forestière, de la justice, de l’habitat, de
l’urbanisme, du cadastre, de l’agriculture, le commissariat à la
conservation de la propriété foncière et des hypothèques, le ministère
des mines et du pétrole, etc.
4-3 Réformer certaines structures dans un but d’efficacité et pour
l’élargissement de l’assiette de l’impôt
4-3.1 Réorganiser l’administration fiscale par la création de la
direction générale des impôts
Il faut engager la réorganisation de l’administration fiscale par la création de
la Direction Générale des Impôts (DGI) qui va regrouper en son sein:
- la direction générale des contributions directes et indirectes;
- la direction générale des domaines de l’enregistrement et du timbre;
- la direction générale du cadastre et des travaux topographiques;
- la conservation de la propriété foncière et des hypothèques.
Cette grande direction centralisera l’information foncière et fiscale à tous les
niveaux et s’ouvrira sur les compétences extérieures non fiscalistes.
Toutefois, le recrutement et la formation du personnel sera nécessaire pour
rentabiliser cette structure et la rendre plus efficace.
4-3.2 Mise en place d’une structure de formation et/ou de recyclage des
agents des impôts
La fiscalité étant une discipline très évolutive, le stage de formation permet
aux agents des impôts de maîtriser les techniques d’assiette et de liquidation de
l’impôt, le rendement de l’impôt dépendant de la façon dont les agents gèrent
l’impôt et les différentes étapes de contrôle et de taxation du contribuable.
4-3.3 Simplification de la fiscalité existante et suppression de la
parafiscalité
Ainsi la mise en place de la TVA a conduit à la suppression pure et simple
de la taxe sur le chiffre d’affaire à l’importation, l’impôt sur le chiffre d’affaire
intérieur, la taxe sur les transactions, du versement forfaitaire, la taxe de formation
professionnelle, le fonds gabonais d’investissement. la contribution au conseil des
chargeurs, la contribution au conseil gabonais du commerce extérieur et la taxe sur
les oeuvres d’art.
Cette politique fiscale doit se poursuivre dans un souci de simplification,
d’efficacité, pour un meilleur rendement.
4-3.4 Suppression et/ou maintien de certains régimes
conventionnels prévus dans la charte des investissements
Les sociétés minières et pétrolières vivent en marge de la fiscalité de droit
commun appliquée à l’ensemble des sociétés exerçant au Gabon.
Une étude approfondie de la situation doit déboucher sur la suppression de
l’exception fiscale pour éviter une politique fiscale à plusieurs vitesses.
4-3.5 Fiscalisation du secteur informel
Le secteur informel représente un pan important de l’économie du
Gabon. Au lieu de lutter contre ce secteur qui peut procurer du travail aux sans
emplois, il convient de le maîtriser, de le discipliner et donc de le fiscaliser afin de
le soumettre aux mêmes obligations fiscales que le secteur structuré.
4-3.6 Systématisation du contrôle fiscal
Qu’il s’agisse du contrôle formel ou du contrôle sur pièces ou encore de la
vérification de la comptabilité, le contrôle fiscal reste à l’heure actuelle le moyen le
plus efficace pour lutter contre la fraude et l’évasion fiscales.
Une action résolue doit être engagée dans ce sens.
5- La politique budgétaire
Le budget de l’Etat doit être conforme aux dispositions de la loi
fondamentale, c’est-à-dire équilibré en recettes et en dépenses.
Pour ce faire, la politique budgétaire de l’Etat vise principalement à:
- rechercher l’équilibre en recettes et en dépenses sans recourir
nécessairement aux emprunts d’équilibre,
- réduire le déficit budgétaire et l’encours de la dette globale de l’Etat,
- promouvoir l’investissement et la production.
Cette politique budgétaire aura des exigences de gestion rigoureuse des
finances publiques, d’amélioration et de simplification des procédures de paiement,
d’accroissement du contrôle des fraudes.
8- La planification de l’économie
La planification de l’économie gabonaise doit permettre de développer
harmonieusement toutes les provinces du pays, déceler les secteurs et les facteurs
porteurs.
Elle doit par ailleurs analyser la cohérence et les conséquences des décisions prises
à la fois en termes de coûts financiers, de croissance économique, de justice sociale
et de l’aménagement du territoire.
La nouvelle approche en matière de planification de l’économie doit
s’articuler autour de la donnée géospatiale et d’une programmation zonale ou
régionale qui distingue les dépenses de consommations liées à l’investissement,
des dépenses de développement à effet d’entraînement.
Le plan doit jouer un rôle mobilisateur en renforçant la cohésion nationale
dans un contexte où l’unité nationale va en s’effritant.
7- La bonne gouvernance
L’organisation de l’Etat, la réalisation des objectifs politiques, économiques
et sociaux, dépendent de la manière avec laquelle l’Etat est gouverné.
La gouvernance selon, les principes démocratiques, les règles de gestion
économique et financière, constitue le fondement dans un pays moderne, au fait
des normes internationales en la matière.
La bonne gouvernance doit sous-tendre l’action de tout gouvernement qui a
pour objectif de sortir le pays du sous-développement. Cette bonne gouvernance
passe aussi par l’organisation régulière, légale et transparente des élections,
instrument de renouvellement consenti de la classe politique.
8- La lutte contre la pauvreté
La lutte contre la pauvreté constitue un des axes majeurs de prise en compte
de l’objectif de bien-être du peuple gabonais.
Pour ce faire, il est indispensable de mettre en place une politique de
recherche systématique, du plein emploi par le biais de l’investissement, de la
formation et de la solidarité.
L’approche géospatiale à programmation zonale ou régionale procède entre
autres de l’éradication de la précarité et de la création d’une économie partagée et
complémentaire dont le corollaire est le repeuplement des zones touchées par
l’exode rural.
La formation, notamment professionnelle dans les secteurs en déficit de
main d’oeuvre, devra constituer une priorité. La reconversion pour prendre en
compte l’émergence des nouvelles technologies participera du même objectif.
La mise en place des structures de solidarité sera de nature à alléger les
souffrances des plus nécessiteux.
9- La mise en oeuvre des reformes structurelles
La restauration du service public, l’amélioration du fonctionnement des
structures de 1’ Etat ainsi que la recherche de la performance, passent par la mise
en oeuvre des réformes notamment de la fonction publique, des sociétés encore
sous l’autorité de l’Etat.
En vue de l’information dans le domaine économique et social, il est
indispensable de mettre en place un outil statistique susceptible de mesurer les
évolutions du pays dans les domaines précités.
Cet outil permettra de dégager outre les statistiques, le niveau réel du coût
de la vie, l’état de l’opinion relativement aux mesures prises par le Gouvernement
dans les différents secteurs.
La mesure de l’opinion s’étendra par ailleurs aux intentions de vote selon le
type d’élection.
En outre, une étude approfondie doit être menée en vue de la mise en place
d’un cadre réglementaire protégeant et consolidant la liberté d’entreprendre, la
liberté du consommateur, la sécurité alimentaire.
Les normes internationales dans ces domaines doivent être scrupuleusement
appliquées sur toute l’étendue du territoire pour protéger les Gabonais des
épidémies résultant de la consommation des produits porteurs de germes, parce que
non contrôlés.
CHAPITRE III
LA POLITIQUE SOCIALE AU SERVICE DES GABONAIS
La politique sociale couvrira les domaines de la santé, de l’éducation et de la
formation, de l’emploi, de l’habitat et des transports.
Elle permettra de mettre en place un système social intégré juste et efficace
visant l’amélioration des conditions de formation, de santé, de l’habitat, de travail
et d’existence du peuple gabonais.
1- Le secteur de la santé
Etre en excellente santé est une des conditions fondamentales pour chaque
gabonais qui participe à son niveau et avec ses moyens au développement efficace
et durable du pays.
La santé publique constitue donc l’un des secteurs dont le bon
fonctionnement conditionne la réussite de notre politique de développement.
L’organisation de ce secteur implique une parfaite connaissance de la
situation nationale de la santé publique.
1-1 Le secteur public
Dans le but de garantir la santé pour tous, les mesures suivantes sont à
mettre en place:
- une carte sanitaire pour une meilleure visibilité des pathologies aux fins
d’organisation et de définition de plateaux techniques des formations
sanitaires sur toute l’étendue du territoire;
- développer la médecine préventive et le secteur des grandes endémies;
- développer une médecine curative itinérante;
- restaurer les dispensaires, les centres médicaux et hospitaliers existants
- revaloriser la fonction médicale en amélioration les salaires et les
conditions matérielles;
- mettre en place une véritable politique de formation permanente en faveur
du personnel médical et paramédical;
- inciter à la recherche médicale notamment la recherche clinique
- développer une politique maternelle et infantile hardie;
- créer les conditions d’une synergie favorisant l’échange d’expériences au
plan sous-régional, continental et intercontinental
- engager une politique de jumelage d’hôpitaux et d’échange de personnel
médical
- créer les conditions d’une franche collaboration entre la médecine
occidentale et la médecine gabonaise;
- créer les passerelles entre les fonctions médicales pour favoriser
l’avancement au mérite;
- développer l’éducation sanitaire et hygiénique.
Dans tous les cas, il est indispensable d’élaborer région par région une carte
sanitaire nationale pour identifier et circonscrire les pathologies, les besoins en
infrastructures, en équipements, en personnel médical et paramédical.
Dans le même temps, pour mieux prendre en compte la psychologie du
malade en termes de proximité affective, gage d’une disponibilité psychologique
en matière de médication, il est indispensable de créer des pôles régionaux de santé
afin de réduire l’éloignement du malade de son environnement affectif.
Un centre hospitalier provincial disposant d’un plateau technique complet et
approprié doit être construit dans chaque chef lieu de province, les centres
médicaux départementaux étant les pourvoyeurs de malades dont les cas dépassent
leurs compétences.
L’accès des gabonais aux soins de santé primaire passe par la gratuité
des prestations telles que la consultation, les différents examens élémentaires,
actuellement vendus aux populations et dont les recettes ne sont pas reversées
au Trésor Public.
1.2 Le secteur privé
Etant donné la prolifération des entités médicales à but lucratif, et vu la
nécessité impérieuse d’éviter aux Gabonais le danger de se faire traiter sans le
moindre contrôle de la qualité des soins, une stricte réglementation devra être mise
en place pour organiser le secteur privé dans le domaine de la santé.
Cette réglementation définira les critères d’ouverture des cabinets médicaux
et autres centres de soins.
Elle définira par ailleurs le profil du personnel exerçant dans ces entités ainsi
que les obligations des plateaux techniques minimaux indispensables à la bonne
exercice de la médecine.
En tous les cas, l’Etat tout en permettant aux entités privées de s’occuper des
soins a le devoir d’améliorer les prestations du secteur public de la santé.
2- L’éducation, la formation et la recherche
Le secteur de l’éducation et de la formation constitue par son rôle dans le
développement de la nation, un secteur protégé.
L’investissement dans ce domaine bien qu’à long terme est de loin celui
qui garantit et pérennise la vie et l’évolution d’une nation.
2.1 L’éducation et la formation
L’organisation de ce secteur conditionne l’efficacité de son action. Il sera
géré du pré primaire au supérieur par un seul département ministériel.
2-1.1 La responsabilité de l’Etat
L’Etat étant dans l’obligation de permettre l’égal accès de l’enfant et de
l’adulte à l’instruction, à la formation professionnelle et à la culture, il est de son
devoir d’en créer les conditions pour ce faire.
L’école doit être gratuite et obligatoire de 6 à 16 ans, l’enseignement
publique assure la neutralité religieuse, l’instruction religieuse ne peut être
dispensée dans les écoles qu’à la demande des parents et dans les conditions
réglementaire.
Dans ce cas, et en application du principe de l’obligation scolaire
jusqu’à 16 ans, les charges relatives à l’accès de l’enfant à l’instruction
doivent être totalement prises en charge par l’Etat: l’école doit donc être
gratuite pendant toute cette période.
L’Etat doit par conséquent:
Etablir une carte scolaire pour une meilleure implantation des salles de
classe dont les effectifs répondent aux normes pédagogiques sur toute
l’étendue du Territoire;
Restaurer la gratuité de l’ensemble des fournitures scolaires dans le
primaire et le secondaire;
Réactiver les internats existants et généraliser la création des lycées et
des collèges nationaux dotés d’internats en vue d’un meilleur brassage de
la jeunesse;
Créer des bibliothèques
Revaloriser la fonction enseignante au plan matériel, du suivi des
carrières, des possibilités de perfectionnement, en vue des promotions au
mérite;
Favoriser les conditions d’acquisition des connaissances nouvelles
d’accès aux nouvelles techniques de pédagogie;
Instaurer un dialogue permanent entre les parents d’élèves, les
responsables d’établissements scolaires, les enseignants et le monde du
travail;
Associer pleinement les collectivités locales dans la gestion, le contrôle
et la définition de l’investissement au bénéfice de l’école gabonaise.
L’enseignement supérieur fera partie intégrante de 1’ Education Nationale.
Pourvoyeur des ressources humaines d’un niveau très élevé, l’enseignement
supérieur, prolongement naturel du secondaire, doit s’intégrer dans la société.
Il doit être envisagé l’implication de l’entreprise.
L’Etat entend doter le pays d’une école nouvelle liée à la vie.
Comme pour la santé, la fonction enseignante et de chercheur sera une
fonction protégée, devant bénéficier d’un traitement spécifique.
2-1.2 Le secteur privé
Etant donné la prolifération des entités d’éducation et de formation à but lucratif, et
vu la nécessité impérieuse d’éviter aux Gabonais le danger d’une formation au
rabais sans le moindre contrôle de la qualité de la formation, une stricte
réglementation devra être mise en place pour organiser le secteur privé dans le
domaine de l’éducation et de la formation.
Cette réglementation définira les critères d’ouverture des établissements de
formation.
Elle définira par ailleurs le profil du personnel exerçant dans ces entités en
étant stricte sur l’application des programmes mis en place par le Ministère de
l’Education Nationale.
En tous les cas, l’Etat tout en permettant aux entités privées de s’occuper de
l’éducation et de formation a le devoir d’améliorer l’éducation et la formation dans
le secteur public
2.2 La recherche et la technologie
La recherche constitue, tous secteurs confondus, un élément moteur à même
de trouver des solutions pour sortir le pays du sous-développement.
La recherche s’effectuera à l’Université, dans les grandes écoles et les
centres de recherche.
Pour ce faire, l’Etat doit:
- encourager et promouvoir la recherche dans tous les secteurs;
- revaloriser les conditions des chercheurs: au plan matériel, du suivi de
carrière, des possibilités de perfectionnement et des promotions au mérite
comme pour l’éducation nationale;
- faire engager les projets et les sujets de recherche correspondant aux
plans de développement élaborés par le Gouvernement en concertation
avec les centres de recherche et les structures de formation;
- envisager, le développement, de la recherche sous-régionale et
continentale dans les domaines clefs que sont:
• l’agriculture,
• la santé,
• l’éducation.
Les technologies, résultant des recherches engagées, seront brevetées et
protégées dans les organismes sous régionaux et internationaux en charge de la
propriété intellectuelle.
Une volonté politique devra être affirmée par la mise en place d’un
département ministériel chargé de la recherche et de la technologie.
3- L’emploi et le chômage
En matière d’emploi, l’Etat mettra en place une politique rationnelle de
placement, de protection et de résorption du chômage.
La politique de plein emploi passe par le développement d’un système de
formation adapté aux exigences du marché et par la mise en place des mesures de
reconversion et d’apprentissage.
Le suivi strict de la scolarité des jeunes doit permettre la programmation de
leur insertion dans la vie active.
L’incitation à la création d’entreprises doit aussi impliquer la participation
desdites entreprises à la formation professionnelle.
Des mesures d’ordre fiscal et d’allégement des charges des entreprises
seront prises au bénéfice de celles-ci, contre des embauches.
Etant donné le nombre important de chômeurs, notamment des jeunes qui
sont à la fois demandeurs du premier emploi, il est envisagé de mettre en place une
structure chargée de l’insertion et de la réinsertion.
Dans le cadre de l’insertion, des cycles de formation dans les secteurs à forte
demande de main-d’oeuvre seront mis en place.
En ce qui concerne la réinsertion, une démarche similaire sera engagée en
vue du recyclage dans les nouvelles technologies, et les secteurs émergents.
La gestion des chômeurs, des demandeurs d’emploi, des ré-insérables. sera
assurée par une agence chargée de la réinsertion, de l’inventaire des chômeurs et
demandeurs d’emploi ainsi que des secteurs en déficit des ressources humaines
formées.
Cette agence sera par ailleurs chargée d’aider à la création d’entreprises.
La création de l’entreprise gabonaise constitue un des impératifs pour que le
Gabon dispose d’un potentiel de chefs d’entreprises et d’actionnaires nationaux
susceptibles d’acquérir les actifs des sociétés d’état ou paras étatiques mis sur le
marché, dans le cadre du renforcement du secteur privé suite au désengagement de
l’Etat.
La mission d’aide à la création d’entreprise dévolue à l’agence gabonaise
d’insertion et de réinsertion (AGIRE) s’appuiera sur la charte des investissements,
l’agence pour la promotion des investissements privés (APIP), et les fonds tel que
le FODEX
L’Etat devra favoriser le dialogue entre les syndicats des travailleurs et les
employeurs.
La politique de grands travaux doit être un puissant facteur de création
d’emplois et de résorption du chômage, du fait de l’implication de nombreux corps
de métiers dont la qualification stricte n’est pas nécessairement indispensable.
7- L’habitat et l’urbanisme
Malgré sa faible population, le Gabon connaît un déficit important en
matière de logement notamment dans les grandes métropoles que sont Libreville et
Port-Gentil.
Ce déficit s’observe aussi dans d’autres villes, surtout lorsqu’il faut loger les
agents de l’Etat envoyés en affectation dans ces localités.
L’Etat devra donc pour loger ses citoyens mettre en place une politique
favorisant l’accession à la propriété en même temps qu’elle résoudra le problème
de logement des agents de l’Etat sur toute l’étendue du territoire.
L’Etat créera en outre les conditions d’acquisition de logements en
favorisant l’accès aux crédits rendus à la portée du plus grand nombre de gabonais.
II sera envisagé des crédits d’accession à la propriété à des taux d’intérêts
préférentiels.
Une incitation à la construction d’habitations à loyer modéré sera entreprise
au bénéfice des gabonais les plus nécessiteux. Dans ces conditions, une
redéfinition des missions de la Société Nationale Immobilière (SNI) s’impose.
S’agissant de Libreville, il est indispensable, pour viabiliser et réhabiliter
l’habitat, urbaniser la ville, de créer dans la moyenne banlieue de la capitale une
ville nouvelle susceptible d’héberger sa population.
D’une manière générale, l’amélioration de l’habitat et du logement dans
notre pays passe par l’application d’une véritable politique d’urbanisation de nos
villes.
Une politique de réduction des coûts de facteurs qui concourent à la
construction sera mise en place par l’Etat.
L’urbanisme par définition, constitue l’ensemble des actes techniques,
administratifs, économiques et sociaux qui doivent permettre un développement
harmonieux, rationnel et humain des agglomérations.
Le constat est clair, Libreville la capitale du pays, ne dispose pas d’un plan
d’Urbanisme ; Il en est de même pour certaines capitales provinciales.
La politique que nous comptons mettre s’articulera sur les points suivants:
- aménagement harmonieux et développement des agglomérations urbaines
et rurales;
- définition des plans d’Urbanisme Directeurs:
• répartition du sol en zones suivant leur affectation
• tracé des zones à grande circulation à créer, à modifier ou à supprimer
• schéma directeur d’alimentation en eau et d’assainissement
• mise en place d’une réglementation qui fixe les servitudes relatives à
l’utilisation du sol.
Ces servitudes peuvent comporter aussi l’interdiction de construire dans
certaines zones.
La promotion d’une politique d’attribution des titres d’occupation dans les
grands centres Urbains, dans le souci de favoriser l’accès à tous les citoyens
nécessiteux et intéressés à l’habitat.
5- La retraite
Le droit à la retraite à tous les travailleurs ayant rempli toutes les conditions
exigées par la loi, doit être strictement respecté.
Le respect du droit à la retraite s’impose à l’employeur.
En la matière, une révision de la législation du travail avec la participation
des organisations syndicales et socioprofessionnelles sera engagée.
Pour viabiliser les structures de gestion des retraites, une réactualisation des
audits sur la Caisse Nationale de Garantie Sociale (CNGS), la Caisse Nationale de
Sécurité Sociale (CNSS) et autres, s’avère nécessaire.
Une concertation devra s’organiser avec les organisations en charge de la
défense des intérêts des retraités, pour procéder à la revalorisation des pensions et
des retraites.
Une étude devra généraliser la mensualisation des paiements des pensions
des retraités.
Au titre de la solidarité nationale, une politique spécifique en faveur des
retraités sera mise en place notamment dans l’abaissement des tarifs d’eau,
d’électricité, de transports urbains, interurbains, terrestres, aériens, fluviaux,
maritimes et ferroviaires.
6- Les transports
En vue de faciliter la circulation des personnes et des biens, et de développer
les échanges entre les différentes parties du Gabon et de la sous région de l’Afrique
Centrale, l’Etat va mettre un accent particulier sur:
- la construction d’un véritable réseau routier;
- l’inter connexion du réseau national avec l’extérieur;
- la promotion du transport fluvial, lagunaire et maritime;
- l’extension du chemin de fer;
- l’amélioration du transport aérien.
En outre, l’Etat entend:
- donner la priorité au transport en commun;
- mettre en place un système de tarifs en faveur des familles nombreuses,
des personnes âgées et handicapées, des retraités, des chômeurs, des
élèves et étudiants, etc.
Le transport urbain étant généralement déficitaire, parce que accessible
aux couches les plus défavorisées de la population, l’Etat doit envisager
dans un premier temps de gérer le secteur par le biais d’une régie autonome
de transport urbain.
CHAPITRE IV
LA CULTURE, LES ARTS ET LE SPORT
Un pays, son identité et son référentiel résident dans sa culture. Celle-ci se
matérialise à travers la langue, les arts, les arts plastiques et/ou culinaires.
Il est par conséquent impérieux de pérenniser les repères culturels, d’en faire
la promotion aux fins de les transmettre aux générations futures.
Pour ce faire, 1’ Etat à travers des structures idoines, devra transcrire en vue
de leur conservation tous les vecteurs sources d’identité culturelle, notamment les
langues nationales.
1- La culture
Le Gabon n’ayant pas une langue nationale et utilisant comme véhicule une
langue étrangère, entend affirmer son identité culturelle, la spécificité gabonaise et
envisage de:
- développer les langues nationales pour favoriser la communication entre
les groupes ethniques du Gabon et en faire des moyens d’instruction,
d’éducation et de formation;
- inventorier tous les vecteurs de la culture gabonaise en vue de leur
conservation et de leur diffusion;
- engager une démarche auprès des musées internationaux et des
institutions culturelles internationales en vue de la restitution des oeuvres
et des objets d’arts partie intégrante du patrimoine culturel de notre pays ;
- créer des centres de documentation, et de la culture.
2- Les arts
Les cultures comportant désormais les aspects industriels, un inventaire
systématique devrait être effectué de l’art gabonais pour sa valorisation, son
enseignement, sa promotion. Une mesure de vulgarisation et de valorisation du
village artisanal sera prise pour développer l’art gabonais dont la diversité
constitue un gisement très important. Cette expérience devrait être étendue à toutes
les provinces.
A cet effet, l’école nationale d’art et de manufacture doit être revitalisée.
L’expérience de la pierre de Mbigou constitue un exemple intéressant.
Pour inciter les Gabonais à se lancer dans les oeuvres de l’esprit, le
gouvernement doit mettre en place une politique de protection des inventions, des
artistes, des arts.
Les auteurs des oeuvres de l’esprit doivent par ailleurs vivre de leur art
notamment par la perception des droits d’auteurs: une structure pour ce faire doit
être pensée et réalisée en relation avec eux.
S’agissant des vecteurs des oeuvres de l’esprit, les moyens de
communications doivent consacrer des plages horaires pour faire leur promotion.
Une politique du livre et de l’édition doit être élaborée pour permettre la
conservation et la pérennisation de toutes les oeuvres littéraires et partant
l’encouragement des Gabonais à écrire.
3- Les sports
Comme pour la culture, les sports, outre leur aspect d’éclosion physique de
l’homme, sont désormais pourvoyeurs de ressources financières susceptibles de
contribuer au financement du développement.
Leur développement est un investissement à tous égards pour le pays.
Dans cet esprit, la place de l’éducation physique et sportive doit être
consolidée.
L’Etat doit donc favoriser le développement de chaque sport au bénéfice du
plus grand nombre en vue d’y dégager une élite. Pour cela, des infrastructures
sportives multidisciplinaires et aux normes internationales doivent être implantées
dans chaque chef lieu de province.
Le sport étant désormais un facteur de promotion sociale, il est important de
mettre en place une politique visant à allier le sport et les études aussi bien pour les
jeunes filles et les jeunes gens.
CHAPITRE V
LES INSTITUTIONS ET LES ORGANES DE LA REPUBLIQUES
Le bien-être du peuple gabonais ne peut se concevoir dans un
environnement malsain, insalubre, nocif pour la santé de l’individu.
L’Etat doit développer une politique volontariste en matière de protection et
de conservation de l’environnement dans l’ensemble du pays, conformément aux
normes internationales.
Face à la tendance observée visant à transformer l’Afrique en un dépotoir
des produits toxiques et radioactifs, l’Etat luttera formellement pour la protection
du territoire gabonais.
L’énergie constitue un des facteurs du bien être du citoyen et du
développement d’un pays. La maîtrise de celle-ci dans sa production et dans sa
distribution reste un objectif prioritaire. Dans ce contexte l’unique outil de
production et de distribution que constitue la SEEG devra être performant.
Il est envisagé pour atteindre son objectif de performance d’analyser son
statut juridique et la composition de son capital.
L’objectif de performance doit aller de paire avec l’abaissement du coût de
la production d’énergie.
La stratégie de production de l’énergie hydroélectrique doit rester un
objectif prioritaire.
Des points de production d’énergie hydroélectrique doivent être identifiés en
fonction de la demande d’énergie notamment industrielle.
Outre les points de production d’énergie de la capitale politique réunissant
les unités industrielles dans Libreville et ses environs et la capitale économique,
Port-Gentil et ses environs, il est important de développer dans l’Est l’unité
hydraulique de Poubara, dans le Sud Ouest, l’unité à construire dans les environs
du port de Mayumba, pour ne citer que ces zones.
L’abaissement des coûts de production de l’énergie passe par la mise en
place des réseaux interconnectés (RIC) à l’intérieur du pays et l’interconnexion de
ces RIC avec les points de grande production d’énergie qui entourent le Gabon, le
barrage de Inga par exemple.
Ce dispositif permettra à terme d’avoir un kilowattheure cinq (5) fois moins
cher qu’aujourd’hui.
Il s’agira d’engager des études pour permettre un transport d’énergie
susceptible d’alimenter en énergie hydroélectrique les coins les plus reculés ; le
monophasé restant très attrayant.
La qualité du service exige l’emploi d’un personnel qualifié dont la
formation doit être d’un niveau suffisant.
CHAPITRE VI
LES INSTITUTIONS ET LES ORGANES DE LA REPUBLIQUES
La sécurité des personnes et des biens est assurée par la Police Nationale, la
Garde Républicaine et subsidiairement par la Gendarmerie Nationale.
La fonction militaire et de sécurité sera considérée comme étant une
fonction protégée, devant bénéficier d’un traitement spécifique.
1- La sécurité
La sécurité des biens et des personnes doit être assurée par la Gendarmerie
et la Police Nationale qui par ailleurs est chargé de l’ordre et de la lutte contre la
délinquance, le grand banditisme.
L’Etat, réaffirmant le principe de l’intangibilité des frontières, doit protéger
le peuple gabonais contre les agressions intérieures et extérieures.
2- La défense nationale
L’organisation de la Défense Nationale et de la Sécurité du Territoire
s’effectuera selon les principes ci-après:
- moralisation de la fonction militaire;
- exécution en temps de paix des tâches de développement;
- développement du génie militaire;
- instauration, en plus de l’Armée de métier, de la conscription (service
militaire obligatoire);
- ré-instauration de la carrière militaire;
- révision du statut particulier des militaires.
La Défense Nationale intègre, les Forces Armées et la Gendarmerie
Nationale.
Une loi de programmation militaire des forces de défense doit permettre une
meilleure gestion des forces aux fins d’amélioration des performances.
Cette loi de programmation codifiera la restructuration de la Gendarmerie
et de l’Armée, en même temps qu’elle répondra à terme, aux questions relatives
aux équipements militaires, à la formation et aux aspects sociaux.
S’agissant de la Gendarmerie, la loi de programmation militaire permettra la
mise en place d’une direction de la surveillance du territoire, véritable toile
d’araignée en matière d’informations et de sécurité.
Les effectifs de la Gendarmerie Mobile des régions seront complétés et
remis à niveau. Leurs casernements devront être restaurés ou construits.
Les moyens matériels (transmission, transport, campement et couchage)
pour le maintien de l’ordre seront complétés.
La remise à niveau et la formation des officiers et hommes de rang en
charge du maintien de l’ordre et de la défense opérationnelle du territoire devra
s’effectuer dans les meilleurs délais.
L’Armée Nationale verra son effectif amélioré dans l’objectif de la
formation des unités combattantes.
A cet effet, une formation de pilotes de transport d’hélicoptères, de
mécaniciens et de personnel navigant sera engagée ainsi que le recyclage des
pilotes d’engins blindés.
Des régiments seront formés dans les régions militaires d’Oyem, de
Franceville et de Mouila.
Ces régions militaires ainsi formées seront dotées d’une logistique
(transport, casernement, transmission) adéquate pour remplir les missions qui leur
sont assignées.
En matière de formation, un tronc commun incluant la Gendarmerie,
l’Armée de Terre, l’Armée de l’Air et la Marine sera mis en place dans un centre
d’instruction des forces de défense.
A moyen terme, un programme de formation et de recyclage sera mis en
place au bénéfice de la Gendarmerie Départementale, de la Marine qui bénéficiera
des infrastructures de base à Port-Gentil, Mayumba et Cocobeach. Il en est de
même de l’Armée de Terre pour les régions militaires de l’Estuaire, Port-Gentil et
Lambaréné.
L’Armée de l’Air disposera de l’aérodrome de Niélé, dans la région de
Booué, en vue de l’implantation de l’aviation stratégique.
La santé militaire sera dotée d’unités d’interventions rapides pour les
accidents de circulation et la protection civile, disposant de moyens adéquats
(véhicules et hélicoptères).
Dans l’optique du renforcement de la défense du territoire, une réflexion
doit être engagée.
En effet, étant donné la faible population du Gabon, une formule genre
légion étrangère doit être mise en place.
Les légionnaires de toutes nationalités africaines extrêmement entraînés
doivent compléter les forces de défenses classiques.
Composée d’un état major et des arrondissements maritimes, la marine
gabonaise ne dispose pas de moyens appropriés pour accomplir les missions qui lui
sont dévolues notamment celle de contribuer à la lutte contre l’immigration
clandestine par la province maritime.
Dans l’arrondissement maritime de l’Estuaire (AMAREST), la base de
soutien logistique implantée dans l’enceinte de Baraka reste presque inopérante
vue l’étendue de la mission qui est de soutenir l’état major, les unités en escales,
l’arrondissement lui-même et la base de surveillance côtière chargée de la
surveillance de l’immigration clandestine maritime.
Les unités navigantes basées à Port-Gentil dans l’arrondissement maritime
de l’Ogooué Maritime (AMAROG), disposent d’un armement presque
symbolique, il s’agit de
- un garde-côte « GC NGUENE»
- un Chaland de transport maritime (CTM) «MANGA»
- un garde-côte « GC NGOLO»
- un patrouilleur « Général BOULINGUI KOUMBA»
- un bâtiment de transport léger (BATRAL)
- un P400 « Général d’Armée BA OUMAR»
- un P400 « Colonel DJOUE DABANY»
A terme, il s’agira de transformer la base navale de Mayumba en
arrondissement maritime de la Nyanga (AMARNY).
Disposant de 800 km de côtes, le Gabon devra doter la marine gabonaise de
moyens conséquents pour lui permettre d’assumer les missions de défense et de
protection maritime et fluviale du territoire, de surveiller les espaces maritimes et
fluviaux nationaux, de défendre les installations off shore, en plus des missions de
service public, de sauvetage en mer et sur les fleuves, de police de navigation et de
pêches, de lutte contre la pollution maritime et fluviale, et de représentation à
l’étranger.
Un accent particulier doit être mis sur la formation du personnel de la
marine à tous les niveaux.
En temps de paix, l’Armée devant être au service du développement, la
section génie militaire devra disposer de moyens humains et matériels suffisants
pour contribuer à l’amélioration des conditions de vie du peuple gabonais.
CHAPITRE VII
LES INSTITUTIONS ET LES ORGANES DE LA REPUBLIQUES
1- Les relations internationales
L’accession du Gabon à la souveraineté internationale depuis 1960, lui a
conféré la prérogative de signer les traités internationaux, d’établir des relations de
coopération bilatérale et multilatérale.
Le développement du Gabon ne peut donc pas se faire sans tenir compte de
l’environnement international.
Le Gabon reste attaché à la mise en place d’un nouvel ordre international
qui consacre l’Organisation des Nations Unies (ONU) et ses organes spécialisés,
notamment en ce qui concerne la paix dans le monde.
L’Etat gabonais doit maintenir et promouvoir les relations de coopération,
d’échanges économiques, commerciaux, scientifiques et culturels avec tous les
pays épris de paix et de justice sur la base du respect de la souveraineté de chacun.
En outre, le Gabon ‘devra favoriser l’émergence d’une nouvelle organisation
des Etats africains. A ce titre, la mise en place de l’Union Africaine (UA) doit être
fermement soutenue.
Soucieux de son indépendance, le Gabon ne peut faire de l’aide bilatérale et
multilatérale qu’un élément subsidiaire de son développement: sa politique
économique, sociale et culturelle aura pour fondement les ressources intérieures du
pays.
Cependant, le Nouveau Partenariat pour le Développement de l’Afrique
(NEPAD), projet synthèse entre le plan Oméga et le Millenium Africain Plan
(MAP), est une perspective majeure pour le développement de l’Afrique qu’il est
impérieux d’encourager, d’autant que les huit (8) pays les plus industrialisés sont
prêts à certaines conditions, à la financer.
Tout en préservant des relations économiques, technologiques et culturelles,
qui ne doivent pas être perçues comme un prétexte ni pour maintenir une situation
d’influence, ni pour perpétuer un système d’exploitation, le Gouvernement de la
République devra créer les conditions d’une coopération réciproque dans l’intérêt
bien compris des parties.
2- La coopération sous-régionale
La superficie et la démographie des pays de la zone Afrique Centrale
commandent qu’une réflexion s’organise sérieusement sur la mise en place d’un
espace économique, culturel et social sous-régional.
Les tentatives observées depuis la mise en place de l’Union Douanière,
Economique des Etats de l’Afrique Centrale (U.D.E.A.C.) puis la Communauté
Economique et Monétaire en Afrique Centrale (CEMAC), en passant par la
Communauté Economique des Etats de l’Afrique Centrale (C.E.E.A.C.), le Centre
International des Civilisations Bantou (C.I.C.I.B.A) gagneraient à être valablement
évaluées pour tirer les enseignements indispensables susceptibles d’impulser une
nouvelle et véritable politique d’intégration et de coopération sous-régionale.
Au plan monétaire, l’appartenance du Gabon à la zone franc doit être un
atout pour engager, au regard de la mise en place de l’Union Européenne, une
réflexion d’avant garde pour poser le problème de la capacité des pays africains
d’exercer le pouvoir régalien de battre monnaie.
Il paraît donc indispensable d’affirmer la volonté politique, sur la nécessité
impérieuse d’une politique communautaire hardie, par la création d’un Ministère
de l’Intégration Africaine.

AddThis Social Bookmark Button